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«Nous avons été attaqués»: le Canada riposte face à Trump

FILE - Canada Prime Minister Mark Carney and President Donald Trump hold a press conference at the White House in Washington, D.C., Oct. 7, 2025. (Adrian Wyld/The Canadian Press via AP, File)
Mark Car ...
Keystone

«Nous avons été attaqués»: le Canada riposte face à Trump

Alors que le pays est mis sous pression par le président américain, le premier ministre canadien a annoncé à son tour des taxes envers des importations en provenance des Etats-Unis.
23.08.2026, 10:5923.08.2026, 11:05

Le premier ministre canadien Mark Carney a annoncé samedi des mesures de rétorsion visant l'acier ou les produits laitiers américains après avoir refusé le «mauvais accord» commercial proposé par les Etats-Unis. Washington a aussitôt menacé de surenchérir avec des droits de douane.

Les mesures canadiennes, qui toucheront aussi l'industrie du papier, les machines agricoles ou l'électronique, entreront en vigueur le 8 septembre, a précisé Mark Carney. Le montant de ces surtaxes canadiennes sera «au dollar près» celui des droits de douane américains entrés en vigueur samedi et touchant environ 20 milliards de dollars d'importations canadiennes, dont le ciment ou les crosses de hockey sur glace.

Dans la foulée, le négociateur américain Jamieson Greer a déclaré sur la chaîne télévisée Fox News que les Etats-Unis allaient «aller de l'avant avec des mesures pour répondre aux rétorsions canadiennes», sans donner de détail. Il a également affirmé qu'aucun cycle de négociations avec le Canada n'était à l'agenda.

Après des semaines de pourparlers, Mark Carney avait décidé vendredi soir de mettre fin aux négociations, juste avant que n'expire l'ultimatum de la Maison-Blanche. Il a dénoncé depuis Ottawa:

«Au dernier moment, les Etats-Unis ont essayé d'ajouter des éléments pour restreindre notre capacité à avoir d'autres accords commerciaux»

Le premier ministre canadien, selon qui les Etats-Unis «demandaient trop et offraient trop peu», a déclaré:

«Quand vous êtes attaqué, c'est que vous êtes en guerre. Nous avons été attaqués.»

Mark Carney a aussi évoqué des «menaces contre la langue française» et la «culture québécoise», portant, selon lui, sur les subventions à la culture francophone, la place des médias en français en ligne et l'obligation d'étiquetage bilingue des produits vendus au Canada. «Ce n'est pas acceptable», a-t-il souligné.

Depuis le retour à la Maison-Blanche de Donald Trump en janvier 2025, le Canada est en première ligne de la guerre commerciale lancée par le président américain qui ne cesse de dire qu'il veut faire de son voisin le «51e Etat» américain.

Les rapports se dégradent

Mais la dégradation de leurs relations depuis un an et demi franchit un nouveau palier, la nouvelle salve de surtaxes américaines touchant notamment des produits normalement protégés par l'accord de libre-échange entre les Etats-Unis, le Canada et le Mexique.

«Cela va faire du mal à tout le monde», regrette Stuart Edwards, un Canadien, depuis la ville frontalière de Fort Erie, près des chutes du Niagara. «C'est triste», dit-il à l'AFP, mais «nous allons résister». Mark Carney a insisté:

«L'Amérique a changé, nous ne pouvons pas contrôler la tempête qui souffle depuis Washington»

Le gouvernement canadien, qui réclamait une baisse des surtaxes sur les secteurs durement touchés comme l'acier, avait envoyé des signes de bonne volonté, en demandant aux autorités provinciales de mettre fin au boycott des vins et spiritueux américains, revendication centrale de Washington. En vain.

Au Canada, l'ensemble de la classe politique a soutenu la décision de rompre les négociations. «On ne peut pas faire confiance au président Trump, c'est aussi simple que cela», a déclaré aux médias canadiens Doug Ford, le dirigeant de la province de l'Ontario, qui «salue» l'action du premier ministre.

L'économie canadienne est menacée

Il n'en reste pas moins que l'économie canadienne pourrait se retrouver durement frappée par cette nouvelle salve de surtaxes et contre-surtaxes, alors que les Etats-Unis sont, de très loin, le premier partenaire commercial du Canada, les exportations vers ce pays représentant actuellement autour de 70% du total.

La Business Roundtable, qui réunit plus de 200 dirigeants de grandes entreprises américaines, a appelé les deux gouvernements à «revenir à la table des négociations» et «à lever les droits de douane néfastes», selon une déclaration écrite de son directeur général, Joshua Bolten.

Mark Carney a tenté de rassurer les entreprises en annonçant des mesures de soutien «pour la durée qu'il faudra». Elles seront détaillées la semaine prochaine.

Depuis son arrivée en mars 2025, Mark Carney tente de réduire la dépendance de son pays à l'égard de son grand voisin en cherchant de nouveaux partenaires commerciaux en Asie ou en Europe.

«Nous sommes plus forts maintenant que nous ne l'étions lorsque les Etats-Unis ont entamé cette guerre commerciale. Plus unis, plus déterminés, plus ambitieux», a-t-il affirmé. (ats/afp)

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