Ces mesures européennes font très mal à Shein
Le géant de la «fast fashion» Shein, coté depuis à peine un mois, a vu son titre dévisser mardi à la Bourse de Hong Kong après la publication la veille de résultats financiers moroses minés par des durcissements réglementaires, notamment en Europe. Vers 05h15 (heure suisse), le titre Shein dégringolait de 11,6% à 31,20 dollars hongkongais.
Selon ses résultats financiers publiés lundi, les premiers depuis son entrée en Bourse, le groupe commence à ressentir les effets des mesures réglementaires prises en Europe notamment, avec un chiffre d'affaires en progression de seulement 1% sur un an au premier semestre, à 20,1 milliards de dollars (2,1 milliards de francs). Pour la seule zone Europe, le chiffre d'affaires a reculé de 13,9% au deuxième trimestre. De son côté, le bénéfice opérationnel (ajusté avant intérêts et impôts) a chuté de moitié sur le semestre.
Une baisse de 28 millions d'utilisateurs
Cette baisse «est le reflet d'un repli du volume des ventes, car nous avons augmenté les prix et réduit les dépenses de publicité en ligne», en prévision de la suppression de l'exonération de droits de douane, explique l'entreprise. Outre la concurrence croissante des sites de commerce en ligne à bas coûts comme Temu et AliExpress, Shein fait en effet l'objet d'un examen attentif de la part de l'Union européenne (UE) en raison de son empreinte environnementale et d'accusations de violations des droits humains.
En juin, Shein comptait 128 millions d'utilisateurs mensuels en moyenne dans l'UE, soit une baisse d'environ 28 millions par rapport à la fin de l'an dernier. Autre marché clé, les États-Unis ont également enregistré une baisse de 6% du chiffre d'affaires trimestriel sur la période d'avril à juin, reflétant là aussi l'impact de la hausse des droits de douane américains.
Les perspectives restent maussades
Ces résultats constituent le premier bilan financier de Shein depuis son introduction à la Bourse de Hong Kong début septembre, qui a valorisé l'entreprise à environ 26,3 milliards de dollars, bien loin des près de 100 milliards atteints lors de levées de fonds privées en 2022. Depuis le premier jour de cotation, l'action a chuté de plus de 35%.
Et les perspectives restent maussades : «L'accélération du recul du bénéfice d'exploitation de Shein au deuxième trimestre compromet l'ampleur du redressement attendu pour 2027, lequel devait reposer sur une baisse des coûts de fret et sur une incursion, encore très incertaine, dans le segment des marques plus haut de gamme», commente Catherine Lim, analyste de Business Intelligence.
«La direction prévoit d'absorber les coûts du fret et des droits de douane plutôt que d'augmenter les prix, afin de préserver la compétitivité», tandis que «la localisation des stocks en Europe entraînera une hausse des coûts logistiques à court terme», insiste-t-elle. (jzs/ats/afp)
