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Prix du carburant: l'ONU dénonce des profits «immoraux»

United Nations Secretary-General Antonio Guterres makes remarks before the 2022 Nuclear Non-Proliferation Treaty (NPT) review conference in the United Nations General Assembly, Monday, Aug. 1, 2022. ( ...
Le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, lors d'une conférence sur le nucléaire, le 1er août 2022.Image: sda

Prix du carburant: l'ONU dénonce des profits «grotesques et immoraux»

Le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, a réclamé que les compagnies pétrolières et gazières soient soumises à des «taxes spéciales». Il dénonce des profits excessifs qui frisent l'indécence.
04.08.2022, 09:1004.08.2022, 11:43
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L'invasion de l'Ukraine par la Russie a aggravé la pénurie mondiale de pétrole et de gaz, perturbant l'accès au pétrole et au gaz de la Russie et faisant grimper les prix... Et par conséquent, les profits de l'industrie.

Les entreprises trinquent, les ménages boivent la tasse

En effet, les géants de l'énergie ont vu leurs bénéfices exploser, alors que les ménages sont aux prises avec des factures d'énergie de plus en plus élevées. Par exemple, BP a récemment annoncé son plus gros bénéfice depuis 14 ans, tandis que les profits de Shell pour la période d'avril à juin ont atteint un record, rapporte la BBC.

Ensemble, quatre des plus grandes entreprises du secteur de l'énergie – Exxon, Chevron, Shell et TotalEnergies – ont gagné près de 51 milliards de dollars au cours du dernier trimestre, soit près du double de ce qu'elles ont gagné au cours de la même période l'année dernière.

Une taxe spéciale

Un constat insupportable pour le patron de l'ONU, Antonio Guterres qui a désigné cette situation comme «immorale»:

«Cette avidité grotesque punit les personnes les plus pauvres et les plus vulnérables, tout en détruisant notre seule maison commune»
Antonio Guterres

Lequel a réclamé que les compagnies pétrolières et gazières soient soumises à des taxes spéciales: «Je demande instamment à tous les gouvernements de taxer ces bénéfices excessifs et d'utiliser les fonds pour soutenir les personnes les plus vulnérables en ces temps difficiles».

Sans quoi, il a mis en garde contre les conséquences, pour les ménages comme les gouvernements, de céder à la pression:

«Nous voyons déjà les signes avant-coureurs d'une vague de bouleversements économiques, sociaux et politiques qui ne laisserait aucun pays indemne»

«De nombreux pays en développement – qui croulent sous les dettes, n'ont pas accès au financement et peinent à se remettre de la pandémie de Covid-19 – pourraient se retrouver au bord du gouffre», a-t-il déclaré.

Une mesure déjà appliquée dans certains pays

Cette taxe a déjà été adoptée par certains pays, dont l'Italie et le Royaume-Uni, qui a approuvé le mois dernier une «taxe exceptionnelle» de 25% sur les entreprises du secteur de l'énergie. Une taxe unique qui, selon le gouvernement, permettra de lever quelque 25 milliards de livres sterling pour aider à compenser les factures d'énergie des ménages qui se sont envolées.

Toutefois, du côté de la France, une proposition en ce sens vient d'être rejetée à l'Assemblée. Même son de cloche du côté des Etats-Unis, malgré une proposition de taxe sur les gains exceptionnels de la part de certains membres du Congrès.

Une taxe «malavisée» selon les lobbys

Frank Macchiarola, vice-président senior de l'American Petroleum Institute, un groupe de pression du secteur pétrolier et gazier, a déclaré que les appels à une taxe exceptionnelle étaient malavisés.

«Les décideurs politiques devraient se concentrer sur l'augmentation de l'offre d'énergie et la réduction des coûts pour les Américains. Imposer de nouvelles taxes à notre industrie fera exactement le contraire et ne fera que décourager les investissements à un moment où ils sont le plus nécessaires», a-t-il affirmé. (mbr)

Un drone filme des images incroyables d'un volcan avant de…fondre
Video: watson
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