Economie
Suisse

Cette grosse banque suisse a perdu beaucoup d'argent

Le gestionnaire de fortune Julius Bär s'est trouvé un nouveau patron.
La performance comble peu ou prou les projections du consensus établi par l'agence AWP.Image: KEYSTONE

Cette grosse banque suisse a perdu beaucoup d'argent

Julius Bär a vu son bénéfice net 2024 amputé d'un quart à 764 millions de francs. Le gestionnaire de fortune zurichois a subi 213 millions de pertes sur crédits privés et hypothèques.
02.02.2026, 18:1102.02.2026, 18:11

Le gestionnaire de fortune zurichois Julius Bär a vu ses résultats 2025 derechef grevés par des pertes sur crédits privés et hypothèques. Le phénomène a pesé à hauteur de 213 millions de francs sur le bénéfice net, élagué d'un quart à 764 millions de francs.

Le handicap a été atténué par le recouvrement non quantifié de créances inscrites comme perdues en 2023, indique le groupe de la Bahnhofstrasse dans un compte-rendu annuel lundi. Julius Bär avait annoncé par deux fois des correctifs de valeur sur son portefeuille de crédits privés l'an dernier, à hauteur de 130 millions après quatre mois et de 149 millions après dix mois.

Faillite d'un empire immobilier

Ce dernier amortissement aura marqué la fin du réexamen des positions de Julius Bär dans le crédit privé, conséquence de la décision en janvier 2024 d'abandonner l'activité risquée des prêts privés à sa clientèle fortunée pour se concentrer sur ses activités de prêt sur les crédits lombards et hypothécaires.

L'établissement de la Bahnhofstrasse réagissait alors à une perte nette sur crédits de 606 millions de francs ayant occasionné un amortissement de 586 millions sur les comptes 2023 suite à la faillite de l'empire immobilier Signa de René Benko.

Du mieux et du moins bon

Hors impact des pertes sur crédit, l'établissement se calcule un bénéfice net sous-jacent amélioré d'un million à 1,05 milliard de francs.

La performance comble peu ou prou les projections du consensus établi par l'agence AWP.

Le produit d'exploitation de 3,76 milliards s'avère certes inférieur aux 3,92 milliards pronostiqués, mais le bénéfice net n'était guère attendu au-delà de 711 millions.

Etalon de la rentabilité bancaire, le ratio coûts/revenus est ressorti à 67,6%, mieux même que la plus optimiste des anticipations à 68,0%.

A 14,4 milliards, l'afflux net d'argent nouveau s'inscrit toutefois dans le bas de la fourchette de 14,4 à 15,2 milliards. La masse sous gestion de 521,0 milliards, pour inédite qu'elle soit, manque ainsi le coche d'au moins un milliard.

Austérité de circonstance

Le conseil d'administration proposera aux actionnaires le versement d'un dividende inchangé de 2,60 francs par action. Le directeur général Stefan Bollinger a toutefois reporté aux calendes grecques toute relance d'un programme de rachat d'actions, évoquant l'enquête en cours de l'Autorité fédérale de surveillance des marchés financiers (Finma) sur les implications de la débâcle Signa.

La finalisation de l'examen du portefeuille de crédits privés tout comme l'entrée en fonction agendée fin février de la prochaine responsable conformité Victoria McLean constituent autant d'étapes sur la voie de la résolution de cette affaires, a souligné le responsable.

Les analystes aussi appellent de leurs voeux la fin d'une difficile phase de transition. «Après avoir réglé de vieux soucis et allégé son exposition au risque en 2025, nous espérons que Julius Bär connaîtra en 2026 une année moins mouvementée et que la nouvelle équipe de direction pourra concentrer son attention sur la marche des affaires,» résume Andreas Venditti, analyste chez Vontobel.

A la clôture de la Bourse suisse, la nominative Julius Bär a rebondi de 1,11% à 65,34 francs, dans un SLI en hausse de 1,41%. (sda/awp/ats)

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