Le Ghana et le Nigeria condamnent les attaques xénophobes en Afrique du Sud
Le Nigeria et le Ghana condamnent les violences xénophobes en cours en Afrique du Sud et souhaitent que la question de l'«afrophobie» soit abordée lors du prochain sommet de l'Union africaine (UA), a annoncé Abuja samedi.
L'Afrique du Sud est secouée depuis des semaines par des manifestations et des troubles visant les immigrés sans papiers, qui ont poussé des dizaines de milliers d'entre eux à fuir le pays.
Au moins 150 000 étrangers ont quitté le pays ces dernières semaines, selon un décompte de l'AFP basé sur les chiffres communiqués par des pays africains ayant rapatrié leurs ressortissants.
Vendredi, les ministres des Affaires étrangères du Ghana et du Nigeria ont évoqué les «récentes manifestations et incidents afrophobes visant des ressortissants africains en Afrique du Sud», a indiqué samedi le ministère nigérian dans un communiqué.
Ils «ont condamné toutes les formes de xénophobie, d'afrophobie, d'intolérance et de violence à l'encontre de leurs frères africains», selon la même source.
Les deux ministres, le Ghanéen Samuel Okudzeto Ablakwa et le Nigérian Sola Enikanolaiye, dont les pays ont les plus grandes économies d'Afrique de l'Ouest, se sont rencontrés en marge d'une réunion de la Communauté économique des États d'Afrique de l'Ouest (Cedeao), au Liberia.
Le Nigeria a évacué 1490 ressortissants d'Afrique du Sud, et le Ghana au moins 926, selon des chiffres officiels.
L'Afrique du Sud, nation la plus riche du continent, attire depuis longtemps les migrants.
Les deux ministres ont souligné la nécessité de «réponses régionales et continentales urgentes et coordonnées» pour s'attaquer aux causes des tensions anti-immigrés et demandent que la question de l'afrophobie soit soulevée lors du prochain sommet de l'UA, prévu début 2027.
En mai, le Ghana avait déjà demandé la tenue d'un débat à l'UA sur les «attaques xénophobes» en Afrique du Sud. Il n'est pas clair si ce débat a eu lieu.
Plus tôt ce mois-ci, le Ghana a annoncé le report d'une visite du président sud-africain Cyril Ramaphosa à Accra. (ats/afp)
