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Charles Sapin quitte France Inter et offre une arme au RN

Charles Sapin en médaillon. Manifestation de personnels de France Inter. Paris, 13 septembre 2026.
Charles Sapin en médaillon. Manifestation de personnels de France Inter. Paris, 13 septembre 2026.image: afp
Analyse

Le départ de Charles Sapin de France Inter offre une arme politique au RN

Le journaliste Charles Sapin, 34 ans, n'est pas d'extrême droite, à la différence de son média, Valeurs Actuelles: face à la fronde interne, il quitte la radio publique France Inter.
19.09.2026, 19:4819.09.2026, 20:43

Son arrivée à l’antenne de France Inter dans la grille de rentrée de septembre avait mis en ébullition les personnels de la première radio publique française. Son départ face à la fronde suscitée par sa venue, va à présent nourrir l’hostilité de tout ou partie de la droite, à coup sûr celle de l’extrême droite, contre Radio France, la maison mère de France Inter.

La greffe Charles Sapin – une chronique de deux minutes le dimanche matin – n’aura donc pas pris. En cause, le titre pour lequel il travail, Valeurs Actuelles, un hebdomadaire d’extrême droite. Quand Sibyle Veil, la présidente de Radio France, a recruté ce journaliste de 34 ans pour une chronique hebdomadaire sur France Inter, il était encore journaliste au Point, après être passé par Le Figaro.

Mais c’est à ce moment-là qu’il s'en va à Valeurs Actuelles pour occuper le poste de directeur adjoint de la rédaction, avec mission de recentrer la ligne éditoriale du titre. Malgré la réputation sulfureuse de cet hebdomadaire, définitivement condamné en 2024 pour une caricature raciste de la députée insoumise Danièle Obono, Sibyle Veil maintient sa décision de faire appel à Charles Sapin, arguant de la nécessaire diversité des points de vue sur les antennes de Radio France.

La pression était manifestement devenue trop forte. Charles Sapin aujourd'hui jette l’éponge. Pour tenter de calmer la grogne des personnels syndiqués multipliant les préavis de grève, il lui avait été proposé de changer sa chronique en un débat contradictoire.

«Ici la bête du Gévaudan»

Dans un post publié sur son compte X commençant par «Ici la bête du Gévaudan», Charles explique pourquoi il décline l’offre du débat en lieu et place de sa chronique :

«Cette mécanique de disqualification nourrit précisément la polarisation que ses promoteurs prétendent déplorer. Vous comprendrez que ce cercle vicieux-là, je refuse d’y entrer.»
Charles Sapin

Il ajoute:

«Je constate qu’une exigence aussi basique que le pluralisme peut lever contre elle une minorité radicalisée, prompte à invoquer la démocratie tout en contestant une liberté d’expression pourtant capitale à sa vitalité.»
Charles Sapin

Du carburant pour Marine Le Pen

Le départ de Charles Sapin de France Inter après même pas un mois va probablement électriser le débat électoral à huit mois du premier tour de la présidentielle française. Reste à savoir si ce départ rapportera des voix à Marine Le Pen. La candidate du Rassemblement national, elle n'est pas la seule, tient Radio France, mais surtout France Inter, pour une radio de gauche.

Dans l’affaire, aux yeux des personnels de France Inter, Charles Sapin, qui n’a pas l’image d’un journaliste d’extrême droite, n’était pas en cause. A la différence du titre qui l’emploie, Valeurs Actuelles. D’où la montée aux barricades. Si le pluralisme en prend objectivement un coup, la présence à l’antenne de la radio publique d’un chroniqueur dont le média est estampillé «extrême droite» pouvait contribuer à banaliser cette dernière et donc à renforcer ses chances, déjà grandes, de remporter la présidentielle, par le truchement de Marine Le Pen.

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