International
Avortement

Avortement: un juge fédéral pourrait interdire la pilule

Avortement: un juge fédéral pourrait interdire la pilule aux Américaines

Lindsay London holds protest sign in front of federal court building in support of access to abortion medication outside the Federal Courthouse on Wednesday, March 15, 2023 in Amarillo, Texas. A conse ...
Une manifestante tenant une pancarte «défendez les médicaments liés à l'avortement», mercredi, au Texas.Image: sda
Cette décision est susceptible d'avoir un impact aussi retentissant que l'arrêt de la Cour suprême des Etats-Unis ayant dynamité, en juin dernier, le droit à l'avortement au niveau fédéral.
16.03.2023, 05:3516.03.2023, 06:21
Plus de «International»

Un juge fédéral ultraconservateur a souligné mercredi le caractère exceptionnel d'un recours déposé par des opposants à l'avortement. Ceux-ci lui demandent d'interdire la pilule abortive sur l'ensemble du territoire américain.

Lors d'une audience suivie de près jusqu'à la Maison Blanche, le magistrat Matthew Kacsmaryk a toutefois semblé sensible à certains de leurs arguments, ont rapporté les rares journalistes autorisés dans le tribunal d'Amarillo au Texas.

A la fin des débats, le juge, qui fut juriste au sein d'une organisation chrétienne avant d'être nommé à ce poste par l'ancien président républicain Donald Trump, a promis de rendre sa décision «aussi vite que possible», d'après ces reporters.

Enorme impact potentiel

Cette décision est susceptible d'avoir un impact aussi retentissant que l'arrêt de la Cour suprême des Etats-Unis ayant dynamité, en juin dernier, le droit à l'avortement au niveau fédéral, ce qui a permis à une quinzaine d'Etats de bannir toutes les interruptions de grossesse sur leur sol.

Cette fois, elle pourrait concerner tout le pays, y compris les Etats protégeant le droit à avorter, et affecter les quelque 500 000 femmes qui ont recours à la pilule abortive chaque année.

Brandissant des affiches «Pas votre utérus, pas votre décision», des militantes de l'association Women's March - dont une femme déguisée en clown, symbole du «cirque» ambiant - ont manifesté mercredi devant le tribunal.

«Ne pas perdre de temps»

Cet argument est au coeur de la plainte déposée en novembre par une coalition de médecins et d'organisations hostiles à l'avortement contre l'Agence américaine du médicament (FDA).

Ils lui reprochent d'avoir autorisé, en 2000, la mifépristone (RU 486), une des deux pilules utilisées aux Etats-Unis pour les interruptions médicamenteuses de grossesse. Pour eux, elle n'a pas respecté les procédures et a approuvé un produit chimique «dangereux».

Sans attendre l'examen du fond du dossier, ils veulent que la justice fédérale suspende l'autorisation de la mifépristone sur l'ensemble du territoire.

5,6 millions de femmes

Les défenseurs de la FDA ont ensuite souligné l'inocuité de la mifepristone qui, en 23 ans, a été utilisée par 5,6 millions de femmes, avec extrêmement peu de complications (moins de 1500).

Le dossier pourrait à nouveau finir devant la Cour suprême des Etats-Unis qui, depuis son remaniement par Donald Trump, compte six magistrats conservateurs sur neuf.

Même si la justice suspendait in fine l'autorisation de la FDA, il faudrait sans doute plusieurs mois avant que sa décision ne s'applique. Selon des experts en droit de la santé, le régulateur du médicament doit respecter une procédure stricte avant de retirer l'autorisation d'un produit.

Les femmes et les médecins pourraient aussi se rabattre sur une seconde pilule, le misoprostol, dont l'usage se combine aujourd'hui avec la mifépristone pour une plus grande efficacité et moins de douleur.

«Dans tous les cas, ce sera chaotique», a déclaré Elisa Wells, fondatrice du réseau Plan C d'information sur les pilules abortives. (ats/jch)

Droit à l'IVG: l'actrice Jodie Sweetin victime de violences policières
Video: extern / rest
1 Commentaire
Comme nous voulons continuer à modérer personnellement les débats de commentaires, nous sommes obligés de fermer la fonction de commentaire 72 heures après la publication d’un article. Merci de votre compréhension!
1
Des chevaux militaires fous sèment le chaos à Londres
Des chevaux de l'armée britannique ont semé le chaos à Londres, blessant quatre personnes et endommageant des véhicules, avant d'être maîtrisés.

Des chevaux de l'armée britannique se sont échappés mercredi matin. Ils ont semé la pagaille en plein centre de Londres, blessant au moins quatre personnes, percutant des véhicules et stupéfiant les passants avant d'être maîtrisés.

L’article