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Zelensky a prouvé que l'Ukraine est encore une démocratie

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Cet échec de Zelensky est un succès pour la démocratie

Comme aucune élection ne peut être organisée en temps de guerre, le président Volodymyr Zelenski dispose d'un pouvoir exceptionnel, peu compatible avec les standards démocratiques. Celui-ci est toutefois limité par des manifestations de rue qui ont obtenu gain de cause.
27.07.2026, 16:5527.07.2026, 16:55
Kurt Pelda / ch media

«Le nouveau commandant en chef est meilleur à 100% que l'ancien», affirme le lieutenant ukrainien Valentin, qui sert au front depuis quatre ans et demi.

«Ce changement à la tête de l'armée redonne le moral aux soldats»

Valentin remercie les milliers d'Ukrainiens qui, loin de la ligne de front mais directement devant les centres du pouvoir, ont manifesté contre le limogeage du ministre de la Défense, Mykhaïlo Fedorov, tout en réclamant la destitution du général Oleksandre Syrsky, commandant en chef des forces armées. Le départ de Syrsky, très impopulaire, est célébré comme une victoire de la démocratie.

La loyauté avant les résultats en Ukraine

Le lieutenant Valentin sert dans une unité qui, il y a encore un an, menait une guerre conventionnelle: positions de front avec infanterie et patrouilles de reconnaissance à pied faisaient partie du quotidien. A cette époque, son unité subissait des pertes sans infliger de dommages significatifs à l'ennemi.

Depuis, la situation a profondément changé. L'infanterie ne peut certes pas être entièrement remplacée par des robots terrestres et des drones, mais les dangereuses patrouilles à pied appartiennent désormais au passé. Les hommes de Valentin combattent aujourd'hui presque exclusivement à l'aide de drones:

«Avec eux, nous tuons au moins 20 Russes par semaine»

Le général Syrsky favorisait les unités qui lui étaient les plus loyales. Elles recevaient les meilleurs effectifs, les armes les plus performantes, des drones et des munitions en quantité suffisante, notamment pour mener des contre-attaques limitées. A l'inverse, des brigades comme celle de Valentin, qui avaient obtenu peu de succès jusqu'ici, étaient gravement négligées. Un cercle vicieux s'est alors installé: les unités jugées «médiocres» recevaient peu de renforts et de matériel, ce qui les empêchait de progresser, tandis que les brigades déjà performantes continuaient d'être privilégiées.

Les Russes en ont tiré parti en attaquant de préférence les secteurs défendus par des troupes mal équipées et insuffisamment entraînées. Syrsky devait alors envoyer ses brigades d'assaut favorites d'un point chaud du front à l'autre, comme des pompiers courant d'un incendie au suivant. Né en 1965, il commandait en outre ses forces selon une méthode centralisée héritée de l'Union soviétique. Il ne disait pas seulement à ses subordonnés ce qu'ils devaient faire, mais aussi précisément comment ils devaient exécuter ses ordres.

Le général Mykhaïlo Drapaty, que le président Zelenski a nommé commandant en chef, est réputé, au contraire, diriger par objectifs plutôt que par des ordres stricts. Les officiers placés sous son commandement sont évalués sur les résultats obtenus. La manière dont ils atteignent ces objectifs, ainsi que les moyens employés, relève de leur propre responsabilité.

Agé de 43 ans, Drapaty est également connu pour être à l'écoute de ses subordonnés. Il cherche en outre à limiter autant que possible les pertes dans ses rangs. Syrsky, lui, poursuivait des batailles sans espoir jusqu'au bout. Ses ordres de repli arrivaient régulièrement trop tard, au prix de nombreuses vies inutilement sacrifiées.

Les recrutements forcés, un défi majeur en Ukraine

Sous le système de Syrsky, les soldats ukrainiens avaient le sentiment d'être soumis comme des esclaves. Le terme «esclavagisme» est d'ailleurs souvent employé par les réfractaires au service militaire ou les déserteurs pour expliquer pourquoi ils refusent de combattre et n'ont plus confiance dans l'armée. Il faut désormais espérer que Drapaty parvienne, grâce à son style de commandement, à restaurer au moins une partie de cette confiance. L'un de ses principaux défis sera la gestion des recrutements forcés, très impopulaires. Des réformes efficaces dans ce domaine ne pourront toutefois pas être imposées par lui seul.

epa13131086 Ukrainians hold placards reading 'Fedorov is the defence minister', 'Don't mess with what works', 'Hands off Fedorov' and 'Bring Fedorov back', ...
Manifestation à Kiev ce 24 juillet. Sur certaines pancartes, on peut lire «Rendez-nous Fedorov!».Keystone

Les manifestations, qui ont duré plusieurs jours, ont été organisées principalement par des anciens combattants connaissant bien le fonctionnement des forces armées. Le fait qu'elles aient finalement convaincu Zelenski de se séparer de Syrsky montre surtout une chose: même après cinq années de guerre depuis le début de l'invasion à grande échelle, l'Ukraine demeure une démocratie.

Ce constat n'a rien d'évident au regard de l'immense pouvoir concentré entre les mains de Zelenski et de certaines de ses tendances autoritaires. Son parti, Serviteur du peuple, détient une nette majorité au Parlement, tandis que la Constitution interdit toute nouvelle élection tant que la loi martiale reste en vigueur.

Dans ce contexte, les électeurs ne peuvent plus exprimer leur mécontentement face aux décisions du gouvernement que dans la rue. Ils l'avaient déjà fait il y a un an, lorsque Zelenski avait tenté d'entraver la lutte contre la corruption. Là aussi, les manifestants avaient finalement obtenu gain de cause.

En revanche, leur demande de voir le spécialiste des technologies Mykhaïlo Fedorov, âgé de seulement 35 ans, retrouver son poste de ministre de la Défense reste, pour l'instant, sans effet. Très populaire auprès de la population, il n'a pas été rétabli dans ses fonctions. Quoi qu'il en soit, le renouvellement générationnel à la tête des forces armées montre que l'Ukraine ne prend pas le chemin d'une dictature, contrairement à la Russie.

De telles manifestations y seraient inconcevables. Le chef d'état-major russe et plus haut gradé de l'armée, le général Valeri Guérassimov, occupe son poste depuis 2012. Agé de 70 ans, sa principale qualité est sa loyauté envers Vladimir Poutine. En revanche, il n'est pas parvenu à remporter la guerre contre l'Ukraine. (trad. hun)

40 trucs absurdes trouvés dans des brocantes
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Comment l'Ukraine a capturé des soldats avec des drones terrestres
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