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De nouveaux éléments troublants ont été dévoilés ce jeudi 13 mai sur les labos de Wuhan, en Chine.
De nouveaux éléments troublants ont été dévoilés ce jeudi 13 mai sur les labos de Wuhan, en Chine.Image: Shutterstock

Origine du virus: la Chine nous cache encore plus de choses que prévu

De nouvelles infos renforcent le doute des scientifiques sur l'intégrité de la Chine au sujet du labo de Wuhan, d'où pourrait s'être échappé le SARS-CoV-2.
14.05.2021, 18:2815.05.2021, 11:46
Jonas Follonier
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Petit rappel incontournable

A la recherche des origines du SARS-CoV-2
Deux hypothèses se font face actuellement sur l'origine du SARS-CoV-2. Selon la première, plus probable, le virus serait passé d'une chauve-souris à l'homme par un autre animal, appelé «hôte intermédiaire». Selon la seconde, moins probable, mais tout aussi crédible, le SARS-CoV-2 se serait échappé d'une manipulation de coronavirus en labo.

Nouveaux rebondissements dans les recherches sur l'origine du SARS-CoV-2. Trois travaux universitaires parus en chinois en 2014, 2017 et 2019 ont été divulgués ce jeudi 13 mai. Le Monde révèle ce vendredi 14 mai les infos sensibles contenues dans ces travaux et jusque-là jamais rendues publiques, concernant les pratiques des labos de Wuhan, en Chine.

Ces travaux académiques ont été dévoilés sur Twitter par «un scientifique anonyme, coutumier des révélations fracassantes», nous apprend le quotidien français. En alimentant le doute sur l'intégrité de la Chine dans cette affaire, ils font l'effet d'une bombe dans le milieu scientifique.

Ce que ça révèle

  1. Les chercheurs chinois avaient annoncé en 2020 avoir identifié neuf coronavirus différents dans une mine désaffectée du Yunnan, infestée de chauves-souris. Parmi eux, le fameux RaTG13, un coronavirus fortement similaire au SARS-Cov-2 et entouré de beaucoup de zones d'ombre. Or, ces travaux font état d'au moins un autre coronavirus conservé dans les labos de Wuhan. Son existence n'avait pas été divulguée.
  2. Les équipes de Wuhan avaient déclaré avoir fait treize analyses sanguines des six ouvriers qui avaient contracté une pneumonie augmentée dans ces fameuses mines. Trois d'entre eux étaient morts. Or, on apprend sur la base de ces études fraîchement découvertes que pas moins de 30 analyses ont été réalisées.
  3. Les manipulations de coronavirus, opérées en 2017 dans les labos de Wuhan, n'ont pas été présentées en intégralité dans l'étude qui leur est consacrée, parue en 2017 dans la revue PLoS Pathogens.
  4. Le génome du RaTG13 – pour rappel, le coronavirus dont la carte d'identité génétique est la plus proche de celle du SARS-Cov-2 – a été publié en février 2020 par Shi Zhenghli, qui chapeaute les équipes de Wuhan. Quelques semaines plus tard, une virologue italienne avait relevé qu'une partie de ce génome avait déjà été publiée en 2016 sous le nom de Ra4991.

    La chercheuse chinoise avait répliqué en juillet 2020, à l'occasion d'une interview pour la revue Science, qu'il s'agissait bel et bien du même virus et qu'il a été simplement rebaptisé en RaTG13. Coup de tonnerre: la séquence entière du Ra4991 dévoilée ce 14 mai dans l'un des travaux montre que ces deux virus, prétendument identiques, n'ont pas la même séquence. Pire:
«Cela représente une variation de 1% à 1,5% sur ce segment du génome, ce qui est significatif et correspond à entre 10 et 15 mutations, sur un domaine jouant un rôle-clé pour l’infectivité du virus»
Etienne Decroly (CNRS), virologueLe Monde

En clair et en bref: ces quatre données impliquent que la Chine n'a pas dévoilé des éléments, pourtant capitaux, pour les recherches sur l'origine du virus et/ou qu'elle a menti à leur sujet.

Scientifiques en surchauffe

Quelques heures après le dévoilement de ces travaux ce jeudi 13 mai, vingt scientifiques internationaux ont publié une lettre dans la revue américaine Science où ils appellent à considérer avec plus de sérieux l'hypothèse de la fuite de laboratoire. Leur texte appuie la volonté de l'OMS de ne pas écarter cette piste et plusieurs autres lettres scientifiques allant dans ce sens, dont celles du «groupe de Paris».

Parmi les signataires, note Le Monde, figure le renommé virologue américain Ralph Baric, qui a participé aux opérations de gain de fonction – manipulations dangereuses de virus visant à anticiper des épidémies – avec les chercheurs chinois. Que l'un des hommes sur terre les plus concernés par l'opacité qui entoure ce qui s'est passé à Wuhan rejoigne cet appel démontre l'importance de résoudre ce mystère des origines.

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source: sda / eraldo peres
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