Le Mondial ne prend pas à New York pour une raison imprévue
Le Mondial de foot démarre samedi à New York avec l'alléchant Brésil-Maroc (minuit heure suisse), mais ce choc, un des rares du premier tour, sera largement éclipsé dans la ville par la finale NBA, qui pourrait voir l'équipe locale des Knicks être sacrée championne contre les Spurs.
Robert Chen, un habitant de 32 ans, lance:
Le match de foot se tiendra dans l'après-midi au MetLife Stadium dans le New Jersey voisin. La rencontre de basket, qui pourrait permettre aux Knicks de remporter le titre NBA pour la première fois depuis 53 ans, se jouera dans la soirée à San Antonio, au Texas.
Mais dans un pays où le «soccer» peine encore à se faire une place, et dans une ville où le basket fait partie inhérente de la culture locale, le choix est vite fait.
«Tout le monde attend la victoire (des Knicks) avec impatience et on sent une véritable excitation dans l'air… c'est contagieux», observe Angel Diaz, 42 ans, vendeur ambulant dans le Queens, et supporter des bleu et orange.
«Evidemment que les Knicks éclipsent le Mondial, et c'est normal», tranche Lucas Matuszewski, 24 ans, gestionnaire d'une salle de foot en intérieur située dans un quartier industriel de Brooklyn, entre le métro aérien et une voie rapide. Il poursuit:
Derrière lui, des enfants du quartier tapent dans le ballon sur un terrain synthétique.
Un gros défi pour les autorités
Graeme Buckingham, 53 ans, venu d'Ecosse pour soutenir son équipe, décrit le niveau de «fièvre footballistique» à New York comme «faible». Ce fan rencontré dans le quartier de Wall Street détaille:
Samedi, les autorités vont avoir fort à faire pour encadrer le transport de dizaines de milliers de personnes, vers et au retour du New Jersey côté Coupe du monde, puis les possibles célébrations de fans de basket.
Les dernières rencontres de NBA ont donné lieu à quelques débordements – dégradations, bagarres – avec à chaque fois des interpellations, une cinquantaine après le dernier match mercredi. Et en cas de victoire des Knicks, des centaines de milliers de personnes pourraient descendre dans les rues, notamment autour du Madison Square Garden, à Manhattan, l'arène de l'équipe.
La salle se trouve à deux pas de la gare où vont justement converger les personnes munies d'un ticket pour le MetLife du Mondial. En attendant la fin de la finale NBA – si les Knicks ne l'emportent pas, un autre match se tiendra mardi prochain –, de nombreux commerces aujourd'hui pavoisés aux couleurs de la franchise de basket se préparent à une montée progressive de l'intérêt pour le Mondial.
Vanessa Whalen, propriétaire du bar le Black Bull à Brooklyn se dit «convaincue que ça va devenir très animé, voire complètement fou. Surtout ici, parce que nous sommes un pub consacré au foot».
«Toutes les bières que j'ai commandées pour la semaine arrivent aujourd'hui», glisse-t-elle, «et j'ai déjà le sentiment de ne pas en avoir commandé assez».
(afp/yog)
