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L’écart, ce soir, à 20 heures, entre Emmanuel Macron et Marine Le Pen, devrait être moins grand qu'en 2017.
L’écart, ce soir, à 20 heures, entre Emmanuel Macron et Marine Le Pen, devrait être moins grand qu'en 2017.image: watson

Attention aux apparences! Macron n'a pas encore gagné

Le taux d'abstention à la mi-journée peut laisser croire à une victoire facile d'Emmanuel Macron face à Marine Le Pen. Mais beaucoup dépend du comportement de l'électorat Mélenchon. On fait le point.
24.04.2022, 13:4224.04.2022, 19:09

Comme au premier tour il y a deux semaines, la participation est en baisse ce dimanche de second tour, à midi, par rapport à l’élection présidentielle de 2017 à la même heure. Elle est de 26,41% contre 28,23% il y a cinq ans.

A priori, cette participation en baisse, qui se rapproche du record de 2002 (26,19% à la mi-journée au second tour), Jacques Chirac étant alors opposé au leader du Front national (FN) Jean-Marie Le Pen, devrait être favorable, d’un point de vue comptable, au président sortant, Emmanuel Macron.

Cela peut vouloir dire, en effet, que le camp en faveur de la candidate du Rassemblement national (RN, ex-FN), Marine Le Pen, s’est en partie démobilisé dans l’entre-deux-tours, estimant que les jeux étaient faits, au profit du «système», incarné par Emmanuel Macron aux yeux de ses nombreux opposants, d’extrême droite comme d’extrême gauche.

La candidate d’extrême droite, Marine Le Pen, en cas de défaite, ne manquerait pas d’accuser les sondages, après avoir dénoncé le «mépris» de son adversaire à son égard au sortir du débat de l’entre-deux-tours, qui s’est tenu mercredi 20 avril.

Ce que disent les sondages

Suite à ce classique de la vie politique française au cours duquel Marine Le Pen a voulu donner une image d'elle plus présidentiable sans parvenir à effacer une impression d’incompétence face au président sortant, les études d’opinion ont donné un Emmanuel Macron en hausse, le situant à 55% environ des intentions de vote. Ce qui est beaucoup et peut, de fait, favoriser une démobilisation d'une frange de l’électorat lepéniste lors de ce second tour, exactement comme il y a cinq ans.

Cela dit, et si l’on en reste à l’hypothèse d’une victoire d’Emmanuel Macron ce dimanche, l’écart, ce soir, à 20 heures, entre le président sortant et son adversaire, devrait être moins grand qu'en 2017 (66,10% contre 33,90% en faveur du candidat de la République en marche, LREM).

En 2017, Emmanuel Macron, bien que déjà raillé en «banquier» par la droite nationaliste et la gauche radicale, avait bénéficié d’une prime à la nouveauté, une sorte de bénéfice du doute. Cette fois-ci, il pâtit d’une image déplorable auprès d’une presque moitié des Français, qui lui reproche son «arrogance» et derrière elle, sa politique sociale.

A qui profitera le vote mélenchoniste?

Il faut donc se méfier des apparences et d’une certaine logique du pourcentage de la participation, dimanche à midi, à ce second tour. Le match pourrait ici se réduire à une confrontation entre les électeurs, d’une part, d’Emmanuel Macron, et ceux, d’autre part, de Marine Le Pen.

On sait que beaucoup du sort de cette élection dépend du vote des électeurs de Jean-Luc Mélenchon (gauche radicale), arrivé troisième au premier tour avec 21,9% des voix. Il ne faudrait pas que les soutiens de Jean-Luc Mélenchon, qui sont allés voter ce dimanche, l’aient fait en faveur de Marine Le Pen. En d’autres termes, il importe pour le candidat sortant que l’abstention au sein de l’électorat mélenchoniste n’agisse pas contre lui.

La participation s'effondre en Seine-Saint-Denis

Est-ce un indice? A midi, la participation la plus basse en France était enregistrée dans le département de la Seine-Saint-Denis (15,37%), où vivent un grand nombre de Français musulmans et où Jean-Luc Mélenchon avait été plébiscité au premier tour (49,09%), face à un Emmanuel Macron perçu comme «islamophobe». L'élection ne se fera peut-être donc pas (où à l'inverse se fera, tout est question de perspective) dans les «quartiers», mais dans la France citadine, où les votes devraient en principe se reporter sur Emmanuel Macron, et dans ce qu'il est convenu d'appeler la France périphérique, favorable à Marine Le Pen au premier tour.

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