Attentat de Nice: «Nous n'avons oublié aucun nom, aucun visage»
Emmanuel Macron a présidé mardi un hommage solennel aux victimes et aux héros de l'attentat du 14 juillet sur la Promenade des Anglais à Nice. Une minute de silence a aussi été observée en mondovision avant la demi-finale des Bleus au Mondial.
Ce soir-là, le Tunisien Mohamed Lahouaiej-Bouhlel a fait 86 morts et plus de 400 blessés en fonçant sur près de deux kilomètres au volant d'un camion de 19 tonnes dans la foule qui venait d'assister au feu d'artifice, avant d'être abattu par la police.
Sur la place Massena, coeur vibrant du carnaval chaque hiver, les noms ont été égrenés pendant que 43 Niçois d'une dizaine d'années et 43 adultes intervenus le soir du drame – policiers, pompiers, secouristes, médecins, agents municipaux... – ont déposé un rameau d'olivier sur 86 chaises bleues emblématiques de la Promenade des Anglais, chacune gravée du nom d'une victime. La plus jeune avait deux ans, la plus âgée 79 ans, une trentaine étaient musulmans, près de la moitié étrangers.
«Nous n'avons oublié aucun nom, aucun visage, aucune histoire», a martelé Emmanuel Macron, tout en rendant hommage à tous ceux intervenus pour les aider: «Ils furent dans le chaos de la barbarie les dignes enfants de la fraternité française».
Ses prédécesseurs François Hollande et Nicolas Sarkozy, de nombreux ministres et anciens ministres, ou encore François Molins, ancien procureur de Paris et figure de la réponse aux attentats djihadistes de cette période, étaient présents.
Au premier rang aussi, le prince Albert II de Monaco, mais également, dans un carré séparé, Marine Le Pen et Jordan Bardella, que M. Macron n'est pas allé saluer.
Dans la matinée, la présence remarquée – et applaudie par le public – de Marine Le Pen, alliée du maire de Nice Eric Ciotti (UDR) à un défilé républicain avait provoqué la polémique. Le discours du maire a d'ailleurs été très martial:
Les représentants des victimes ont pour leur part évoqué la difficulté de se reconstruire et les questions qui restent en suspens, en particulier sur les failles de la sécurité le soir du drame, qui font toujours l'objet d'une information judiciaire.
«La résilience n'est pas l'oubli, on ne tourne jamais la page lorsqu'on a perdu un enfant, un parent, un ami, ou une part de soi-même», a déclaré Patrick Prigent, président de Life for Nice, policier municipal qui n'était pas en service le soir de l'attaque mais a accompagné pendant des heures une jeune Australienne.
«La justice aussi fait son oeuvre», a promis Emmanuel Macron. «Le procès de première instance, puis d'appel (des complices du terroriste, NDRL), ont commencé à établir les responsabilités et ce travail de vérité et de justice se poursuivra avec calme, méthode et exigence». «Dix ans après, la République est à vos côtés, elle se souvient, accompagne, protège et combat», a-t-il insisté.
Plus largement, le monde s'est aussi souvenu de l'attentat mardi, lorsqu'à Arlington, près de Dallas, les joueurs et le stade ont observé une minute de silence en mémoire des victimes avant le coup d'envoi à 21h00 de la demi-finale France-Espagne de la Coupe du monde de football. «Le 14 juillet, c'est la fête nationale. C'est aussi, malheureusement, depuis quelques années, une date de deuil», a regretté lundi Jules Koundé, défenseur de l'équipe de France. (mbr/ats)
