International
Espagne

Espagne: Expulsée à 87 ans, elle fait descendre les gens dans la rue

Maricarmen, une femme de 87 ans atteinte d'un handicap à 50 %, résidait depuis 1956 dans un appartement du quartier de Retiro, à Madrid, en Espagne.
Maricarmen, une femme âgée atteinte d'un handicap, résidait depuis 1956 dans un appartement du quartier de Retiro, à Madrid, en Espagne.Image: AFP

Expulsée à 87 ans, elle fait descendre 10 000 personnes dans la rue

A Madrid, Maricarmen, une octogénaire, a été expulsée de son appartement. Devenue un symbole de la crise du logement, cette affaire suscite de vives réactions politiques dans toute l’Espagne.
25.09.2026, 17:0825.09.2026, 17:08

Sur un brancard, les traits tirés, Maricarmen, 87 ans, dit adieu à son domicile: la Madrilène, expulsée mercredi, est devenue le visage de la crise du logement en Espagne, où les prix ne cessent d'augmenter, alimentant le débat politique à quelques mois des législatives.

Après plusieurs années de bataille juridique, cette retraitée a finalement perdu face à une agence immobilière qui avait acquis l'appartement qu'elle occupait depuis 70 ans dans le quartier huppé du Retiro et augmenté son loyer mensuel de 275%, à 2 650 euros.

Malgré un dernier recours infructueux devant le Tribunal suprême, Maricarmen a été contrainte de quitter son logement, suscitant une vague d'indignation nationale.

«Maricarmen, vous n'êtes pas seule!», ont scandé des dizaines de manifestants réunis devant son domicile, alors que l'octogénaire, qui se déplace en fauteuil roulant, était transportée jusqu'à une ambulance.

Son éviction en images:

Vidéo: watson

Des prix qui explosent

Le cas de cette octogénaire illustre de façon brutale la crise du logement qui frappe l'Espagne, où les locations touristiques de courte durée, comme Airbnb, et les «fonds vautours»" sont accusés de faire flamber les prix et de réduire l'offre.

En 10 ans, le prix moyen du mètre carré à la location dans le pays a presque doublé, atteignant 15,1 euros/m2 en août, selon le portail immobilier Idealista. À l'achat, il s'établit désormais à 2 355 euros, une hausse de plus de 50% sur la même période, d'après des chiffres officiels.

Madrid concentre tout particulièrement ces tensions: placée en 2025 et 2026 en tête de son classement mondial des villes prisées pour l'immobilier de luxe par le réseau Barnes, la capitale espagnole a un parc social si restreint que certains appartements sociaux sont attribués par loterie.

D'après une étude publiée mercredi par l'association de consommateurs OCU, il est désormais «extrêmement difficile» de trouver à Madrid, comme à Barcelone, un appartement pour un loyer inférieur à 700 euros par mois.

«Cette situation met en lumière les difficultés rencontrées par des milliers de personnes et souligne la nécessité d'accroître l'offre de logements locatifs abordables»
L'OCU dans un communiqué

Une tragédie sociale

Face à une crise devenue la principale préoccupation des Espagnols, notamment chez les jeunes, tous les regards sont tournés ces dernières heures vers le gouvernement de gauche du Premier ministre Pedro Sánchez et les autorités de la région de Madrid, dirigée par la droite (Parti populaire, PP).

En Espagne, pays très décentralisé, ce sont ces dernières qui sont compétentes en matière de politique du logement au niveau local. De quoi alimenter les critiques de l'exécutif envers l'opposition.

«C'est une tragédie sociale que nous ne pouvons pas accepter»
Le Premier ministre Pedro Sánchez

Le dirigeant socialiste a directement pointé du doigt la présidente conservatrice de la région madrilène, Isabel Díaz Ayuso, accusée par la gauche depuis plusieurs mois d'avoir fait acheter, avec des fonds publics, un luxueux appartement avec terrasse dans le centre-ville de Madrid pour son usage personnel, ce qu'elle nie. En Espagne, pays très décentralisé, ce sont ces dernières qui sont compétentes en matière de politique du logement au niveau local. De quoi alimenter les critiques de l'exécutif envers l'opposition.

Dans la soirée de mercredi, plusieurs milliers de personnes ont symboliquement manifesté sous les fenêtres de ce logement, mais aussi à Barcelone et Oviedo.

Jeudi, Isabel Díaz Ayuso a contre-attaqué en rappelant que l'expulsion de Maricarmen résultait d'une «décision de justice», et en accusant le gouvernement central de «n'avoir rien fait en huit ans» au pouvoir pour modifier la loi.

«Dans un contexte d'inflation et de perte de pouvoir d'achat, cette situation n'aide ni l'opposition ni le gouvernement»
Guillermo Fernández-Vázquez, professeur à l'université Carlos III de Madrid

A quelques mois des élections législatives, Pedro Sánchez a promis de présenter «d'urgence» un nouveau texte au Parlement. Mais sans majorité et affaibli par de multiples affaires judiciaires, le chef du gouvernement demeure sous la pression de l'opposition et de ses alliés dans l'hémicycle, comme le parti de gauche radicale Sumar, qui appelle à «geler les loyers». (sbo avec afp)

Stars et starlettes à l'Oktoberfest 2026
1 / 8
Stars et starlettes à l'Oktoberfest 2026

Lors de la 191e édition de l'Oktoberfest, plusieurs stars et personnalités ont été aperçues. Notamment: Bill Kaulitz.

source: instagram/tbtokiohotel
partager sur Facebookpartager sur X
Départs en série à l'ONU au début du discours de Netanyahou
Video: watson
Ceci pourrait également vous intéresser:
Cette décision «honteuse et injustifiable» de l'UE choque l'Ukraine
Les milliardaires russes Alicher Ousmanov et Mikhaïl Fridman ont été radiés de la liste des sanctions de l'Union européenne. La France et le Luxembourg ont rendu possible cette situation, qui indigne l'Ukraine et des pays d'Europe de l'Est.
«Honteux et injustifiable»: c'est ainsi que le ministre ukrainien des affaires étrangères, Andriy Sybiha, a commenté la décision des Etats de l'Union européenne de retirer les deux hommes d'affaires russes Alicher Ousmanov et Mikhaïl Fridman de la liste des sanctions de l'UE.
L’article