La fin de la pénurie des logements n'est pas en vue en Suisse. Au contraire, elle ne fait que s'aggraver. Le taux de logements vacants, en diminution depuis quatre ans, n'a jamais été aussi faible depuis 2014: le 1er juin de cette année, il se montait à 1,1%. C'est ce qu'indiquent les derniers chiffres de l'Office fédéral de la statistique, diffusés ce mardi.
Certaines régions souffrent plus que d'autres. C'est notamment le cas des cantons de Zoug, d'Obwald et de Genève, où le taux de logements vacants oscille autour de 0,4%. Au niveau des communes, la situation est plus contrastée, comme le montre la carte-ci dessous:
La situation est particulièrement tendue dans les grandes villes. A Zurich, par exemple, les logements vacants ne sont que 169, soit 0,1% du total. Genève, Fribourg, Lausanne et Sion affichent des taux similaires, compris entre 0,5 et 0,8%. A noter que dans 211 communes, aucun logement vacant n'est proposé.
Pourtant, toutes les villes ne sont pas confrontées à une situation de pénurie accrue. Certains centres urbains présentent des valeurs supérieures à la moyenne nationale. C'est le cas de La Chaux-de-Fonds, du Locle et de Martigny, où le taux de logements vides atteint 3,3, 3,7 et 5,5%, respectivement.
A Delémont et Moutier également, la part de logements vacants est relativement élevée, soit 5,8 et 6,3%. On peut y voir une tendance cantonale: le Jura présente le taux de vacance le plus élevé de Suisse, soit près de 3%. Soleure et le Tessin complètent le podium régional, avec des valeurs supérieures à 2%.
Si l'on exclut les deux petits villages de Clarmont (VD) et des Planchettes (NE), la commune ayant le taux le plus élevé est Chiasso: on y trouve 556 logements vacants, soit 9,9% du total. En chiffres absolus, Lugano est l'endroit où il y en a davantage: 937.
La plupart des logements vacants sont des trois pièces ou des quatre pièces: ils représentent 31 et 26% du total, respectivement. Les studios sont nettement plus rares (8%), tout comme les appartements de six pièces ou plus (7%).
Par rapport à l'année dernière, les appartements vacants de une à quatre pièces sont devenus plus rares, leur nombre a rétréci. En revanche, davantage de grands appartements sont proposés: on a enregistré une hausse de 2,3% pour les appartements de cinq pièces et de 8% pour ceux d'au moins six pièces.
Près de huit logements vacants sur dix sont à louer, et un peu plus de 20% sont à vendre. Le nombre des premiers a diminué par rapport à 2023, tandis que la quantité des deuxièmes a augmenté de près de 10%.