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Pénurie de logements: la Suisse connaît un tournant décevant

On construit en Suisse, mais pas encore assez. Ici, un chantier dans la ville de Zurich.
On construit en Suisse, mais pas encore assez. Ici, un chantier dans la ville de Zurich.Image: Christian Merz / Keystone

La pénurie de logements révèle un autre problème en Suisse

La crise du logement n'est pas prête d'être terminée en Suisse. Une nouvelle étude dresse un tableau décevant, avec toutefois une lueur d'espoir.
23.09.2026, 11:5923.09.2026, 11:59
Niklaus Vontobel

La cadence de construction de nouveaux logements a été relevée en Suisse. C'est la bonne nouvelle que livre une étude récente de Wüest Partner. Cependant, le bureau de conseil tempère et souligne que ces efforts ne suffiront pas à apaiser la pénurie de logements qui touche le pays ces prochaines années.

Il existe néanmoins un espoir d'amélioration, mais seulement à petite échelle, et dans quelques communes spécifiques.

Un apaisement en vue, mais pas de fin de pénurie

Reprenons depuis le début. La situation actuelle a été décrite en détail cette semaine dans un nouveau rapport de l'Office fédéral du logement (OFL). En 2025 et au premier semestre 2026, la situation se serait «encore aggravée» et resterait «tendue». Cela vaut surtout pour l'agglomération zurichoise, la Suisse centrale et diverses régions de montagne.

Le problème est bien connu: la construction avance trop lentement, alors que la demande croît bien plus vite. En conséquence, les logements se font rares.

De plus, et malgré la pénurie, le nombre de nouveaux logements construits a reculé pendant des années. En 2024 et 2025, il avait atteint un point bas. Mais cette seconde moitié d'année et la suivante devraient marquer un tournant. En 2027, 50 000 nouveaux logements arriveront sur le marché, soit une augmentation de 25% par rapport au point bas.

Ce sont de grands chiffres pour la petite Suisse, mais la pénurie de logements est elle aussi importante. C'est pourquoi Wüest Partner n'a pas pu annoncer une réelle inversion de tendance, mais seulement une reprise qui «apporte un apaisement, mais pas une véritable fin de pénurie».

Une lueur d'espoir

Dans près de la moitié des cantons, la construction reste en deçà de la moyenne pluriannuelle. C'est pourquoi la pénurie n'est «que légèrement atténuée» à l'échelle suisse. La situation reste ainsi tendue, en particulier dans les grands centres.

Robert Weinert, expert chez Wüest Partner, souligne: «La reprise repose essentiellement sur les réserves de terrains à bâtir encore disponibles». Cela signifie que la Suisse ne s'est que partiellement améliorée en matière de densification. Elle n'a pas davantage construit là où il existait déjà quelque chose, mais là où il n'y avait rien ou presque rien, c'est-à-dire sur les «réserves de terrains à bâtir» encore disponibles.

Or, celles-ci se raréfient. L'amélioration de tendance pourrait donc s'essouffler avant de produire ses premiers effets concrets, estime Robert Weinert:

«Tant que la reprise repose essentiellement sur les réserves de terrains à bâtir encore disponibles, sa portée reste limitée. Qu'elle gagne encore en élan dépendra de la rapidité avec laquelle nous autoriserons plus largement la densification.»

Le constat global est ainsi plutôt décourageant. Mais il existe malgré tout une lueur d'espoir: que tout cela nécessite simplement plus de temps.

Selon Robert Weinert, il existe des communes où la densification progresse de manière visible, comme celles de Dübendorf ou de Bülach (ZH). Bâle emprunte une voie similaire avec ses nombreux projets de tours d'habitation. L'expert conclut:

«La densification ne bloque pas nécessairement la construction en Suisse, elle la rend simplement nettement plus lente»

(trad. ysc)

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