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Pourquoi Trump est accusé de fraude fiscale (parmi tant d'autres choses)

L'ex-président Donald Trump est visé par une enquête pour fraude fiscale, et c'est sans compter les autres déboires judiciaires qui l'attendent.
19.01.2022, 17:5620.01.2022, 18:55
Philipp Löpfe
Philipp Löpfe
Philipp Löpfe
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Lors de son audition devant la Chambre des représentants, Michael Cohen, ancien «homme de main» de Donald Trump, a attiré l'attention sur une manœuvre de son ancien patron: il sous-évaluerait systématiquement et largement ses biens immobiliers lorsqu'il s'agit de payer des impôts. En revanche, il les surévaluerait largement lorsqu'il veut obtenir un crédit bancaire.

Du coup, une ministre a mené l'enquête...

Les déclarations de Cohen ont eu des conséquences. Letitia James, ministre de la Justice de l'Etat de New York, a enquêté sur ces accusations avec son équipe. Plus de 900 000 documents ont été épluchés, des collaborateurs de la Trump Organization interviewés... et des trouvailles ont été faites!

Letitia James ne compte pas lâcher Trump.
Letitia James ne compte pas lâcher Trump.photo: keystone

Dans un communiqué de Letitia James, on peut lire:

«Nous avons découvert des preuves significatives qui suggèrent que Donald J. Trump et la Trump Organization ont fraudé: il ont faussement évalué divers biens et ont soumis ces fausses informations à des institutions financières, dans le but d'en tirer profit.»

Comme il est d'usage dans une procédure normale, la ministre de la Justice a donc ordonné que Trump et ses deux enfants Ivanka et Donald Jr. soient convoqués comme témoins. Son deuxième fils, Eric, a déjà été entendu à une date antérieure. Il avait toutefois refusé de témoigner en se référant au cinquième amendement de la Constitution: celui-ci stipule que personne ne doit témoigner contre lui-même.

Qu'en dit Trump?

Comme c'est souvent le cas avec l'ancien président des Etats-Unis, il s'oppose aux injonctions de la justice. Pour signifier son désaccord, il a fait déposer par ses avocats une plainte contre James. Il l'accuse de motivations politiques et qualifiant ses agissements de «menace contre notre démocratie». Ce à quoi la ministre de la Justice a répondu par un document de 160 pages. Il en ressort que l'ex-président a de gros ennuis en perspective.

Mais on lui reproche quoi au juste?

Dans sa requête au tribunal, Letitia James énumère plusieurs cas dans lesquels Trump a évalué de manière grotesque la valeur de ses biens immobiliers. Il aurait ainsi indiqué le prix de sa propriété à Wall Street à 735 millions de dollars... alors que des experts immobiliers l'ont estimée à 257 millions de dollars au maximum.

Trump a aussi fait apparaître dans ses clubs de golf des cotisations de membres fictives et des villas de luxe non construites. «Donald Trump, Donald Trump Jr. et Ivanka Trump ont tous été étroitement impliqués dans ces transactions», réaffirme James. «C'est pourquoi nous ne tolérons pas qu'ils cherchent à éviter de témoigner».

Comment peut-il se sortir d'affaire?

Il est évident que Trump a modifié arbitrairement la valeur de ses biens immobiliers. Cela ne signifie pas pour autant que l'ex-président s'est rendu coupable d'un délit. En effet, il peut avancer deux arguments pour sa défense:

  • Premièrement, il s'agit d'une pratique courante dans le secteur de l'immobilier et les professionnels impliqués sont parfaitement en mesure de la comprendre.
  • Deuxièmement, il faut non seulement prouver que Trump a fait une évaluation erronée, mais aussi qu'il l'a faite en connaissance de cause, et ce «sans laisser subsister le moindre doute», comme on dit dans le jargon juridique. Trump pourrait s'en sortir en affirmant qu'il a tout simplement suivi ce que ses experts et ses avocats lui ont recommandé.

Cependant, il est juridiquement très difficile d'apporter cette preuve. Le plus simple serait que le directeur financier de Trump, Alan Weisselberg, témoigne. Or, celui-ci est accusé de fraude fiscale dans le cadre d'une deuxième procédure menée par le procureur de Manhattan. En témoignant contre Trump, Weisselberg pourrait probablement éviter une peine de prison imminente, mais jusqu'à présent, il garde obstinément le silence.

C'est sans compter que d'autres ennuis pointent...

Les deux procédures à New York – l'une civile, l'autre pénale - ne sont pas le seul souci de Trump: le ministère de la Justice, Merrick Garland, l'a aussi dans le viseur. Il a récemment déclaré qu'il poursuivrait au pénal toutes les personnes impliquées dans les événements du 6 janvier, et ce impliquées «à tous les niveaux», comme il l'a laissé entendre de manière éloquente.

Garland a maintenant joint le geste à la parole. Il a inculpé Stewart Rhodes, le chef de la milice Oath Keepers, et certains de ses compagnons d'armes pour «conspiration séditieuse», envoyant ainsi un signal fort. Rhodes est actuellement en détention provisoire. S'il est condamné, il risque une peine de prison d'au moins 20 ans. Il a donc de bonnes raisons de coopérer avec la justice. S'il devait témoigner à cette occasion que Trump était au courant de ses projets, la situation deviendrait très difficile pour l'ex-président.

Enfin, la commission d'enquête sur les événements du 6 janvier se rapproche également toujours plus de l'ex-chef d'Etat. Son avocat Rudy Giuliani vient de recevoir une convocation pour témoigner. La même convocation a été adressée à Sidney Powell, l'avocate déjantée de la théorie du complot Chavez, ainsi qu'à Jenna Ellis et Boris Epshteyn, deux autres défenseurs du Big Lie.

Rudy Giuliani et Sidney Powell doivent se présenter devant la commission.
Rudy Giuliani et Sidney Powell doivent se présenter devant la commission.photo: keystone

Il est peu probable que Giuliani témoigne un jour. Mais sa convocation est d'une grande importance symbolique: elle montre que l'enquête se ressert de plus en plus sur le cercle proche de Trump – et sur l'ex-président lui-même.

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