Ce «projet prometteur» américain au Groenland a du plomb dans l'aile
Le Groenland a provisoirement mis en veilleuse les grands projets de forages pétroliers d'essai de la firme américaine Greenland Energy dans l'est de l'île. Le gouvernement a affirmé qu'il était impossible de commencer cet hiver. Jorgen Hammeken-Holm, chef du département des ressources minérales, a ainsi résumé à la télévision danoise:
Le temps serait bien trop court pour mener les études d'impact environnemental et les consultations nécessaires, les prévisions des Américains ayant été manifestement trop optimistes. Il a également critiqué leurs annonces relatives à un véritable boom pétrolier, un «second Alaska», les jugeant exagérées, voire relevant de la «désinformation» à l'égard de la population.
Un coup dur en Bourse
L'envoyé spécial de Donald Trump pour le Groenland, Jeff Landry, avait souligné en mai que l'exploitation d'immenses gisements de pétrole pourrait débuter à court terme, et à quel point les ressources minérales étaient importantes pour l'île, mais aussi pour les intérêts des Etats-Unis.
Greenland Energy compte des investisseurs et une administratrice ayant des liens avec Trump. L'entreprise, basée au Texas, coopère avec la société britannique 80 Mile, détentrice de la licence d'extraction pétrolière.
Les deux entreprises ont réagi avec déception à l'arrêt temporaire de leurs plans. 80 Mile a toutefois affirmé vouloir continuer à faire avancer ce «projet extrêmement prometteur». Greenland Energy, dont le cours de l'action a chuté de plus d'un tiers après l'annonce, a déclaré vouloir désormais «approfondir les relations avec la population locale et les autorités».
Des promesses exorbitantes pour la population
En juillet, le directeur général de l'entreprise s'était entretenu avec la population de l'unique village situé à proximité des forages pétroliers prévus, promettant des salaires exorbitants en échange d'une collaboration au projet.
Mais la plupart des 330 habitants d'Ittoqqortoormiit (est) craignent la menace que représentent les forages sur une nature fragile et intacte, ainsi que les prétentions de pouvoir du président américain Donald Trump sur leur terre natale. En juillet, des manifestations contre le projet pétrolier ont eu lieu dans tout le Groenland.
Le gouvernement adopte désormais lui aussi un ton clair. Il souligne que les entreprises doivent fournir diverses soumissions pour que le processus, comprenant des autorisations et des consultations à plusieurs niveaux, puisse seulement être enclenché.
Une décision n'est attendue au plus tôt que fin 2027. Il a par ailleurs réagi vivement au fait que Greenland Energy ait déjà acheminé, par bateau, du matériel vers le Groenland oriental, et ce, sans autorisation.
Le chef du département des ressources minérales Jorgen Hammeken-Holm a souligné à ce sujet:
En cas de récidive, a-t-il averti, le Groenland n'hésiterait pas à faire intervenir la police. (trad. ysc)
