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L'exfiltration inouïe de Trump dans un conteneur reste un mystère

L'exfiltration épique de Trump dans un conteneur reste un mystère

U.S. President Donald Trump is greeted by Turkish President Tayyip Erdogan as he arrives aboard Air Force One at Etimesgut Air Base, for a NATO summit, in Ankara, Turkey, July 7, 2026. REUTERS/Jonatha ...
Donald Trump à Ankara, en Turquie, lors d'un voyage qui se conclura sur une exfiltration pour le moins épique du président américain.Image: REUTERS
C'est une opération digne d’un film d’espionnage: menacé par un risque d’attaque iranienne, Donald Trump a été exfiltré en secret d’Air Force One lors d’un déplacement en Turquie, tandis que les journalistes qui l’accompagnaient décollaient à bord de l’appareil présidentiel sans savoir qu’ils servaient de leurres.
11.08.2026, 20:2511.08.2026, 20:30

Le président des Etats-Unis exfiltré dans un conteneur de ravitaillement vers un autre avion, tandis qu'Air Force One décolle avec à son bord une douzaine de journalistes persuadés, à tort, de voyager avec Donald Trump...

Le mystère restait épais mardi au lendemain de révélations du Washington Post sur l'opération de sécurité inouïe qui s'est déroulée sur un tarmac turc le 8 juillet, face au risque d'une attaque iranienne. A la Maison-Blanche, certains journalistes habitués des voyages présidentiels se disaient furieux d'avoir fait ainsi office de leurres, tandis que d'autres déploraient l'absence totale de communication officielle.

Exfiltré à bord d'un conteneur

C'est lundi soir, heure de la côte est des Etats-Unis, que le quotidien a livré son scoop, depuis confirmé par d'autres grands médias américains: le président américain a secrètement utilisé un autre avion pour quitter le sommet de l'Otan en Turquie, au nez et à la barbe du petit groupe de journalistes – le «pool présidentiel» – qui voyageait avec lui. Ce voyage retour avait déjà donné lieu auparavant à une péripétie.

Donald Trump aurait dû quitter Ankara pour le Royaume-Uni avec le même Boeing 747 qui l'avait amené en Turquie, un appareil offert par le Qatar et soumis à de coûteuses modifications.

Mais des inquiétudes pour sa sécurité avaient conduit la Maison-Blanche à changer de programme à la dernière minute, pour le faire voyager sur l'ancien appareil.

C'est donc dans cet avion – portant le bleu clair caractéristique des anciennes versions d'Air Force One – que le président américain a embarqué, sous les caméras et les objectifs des photographes. Sur une photo de l'AFP prise auparavant, deux conteneurs de ravitaillement montés sur des ressorts hydrauliques sont bien visibles, l'un positionné à l'avant, l'autre à l'arrière.

ANKARA, TURKEY - JULY 08: Air Force One sits on the tarmac with an airport catering container adjacent to the body of the aircraft on July 08, 2026 in Ankara, Turkey. Reports indicate that U.S Preside ...
Les fameux conteneurs, dont l'un a transporté Donald Trump, le 8 juillet dernier.Image: GETTY IMAGES NORTH AMERICA

En réalité, selon la presse, Donald Trump a donc quitté l'avion rapidement, à bord de l'un de ces conteneurs, pour embarquer sur un autre appareil plus petit de l'armée de l'air américaine, un C-32A.

La douzaine de journalistes voyageant à l'arrière, dans une cabine séparée qui ne communique pas avec l'espace réservé au président, situé vers l'avant, n'en ont rien su.

Seule anomalie signalée dans l'une des notes transmises au reste de la presse par le «pool présidentiel»: le Secret Service, responsable de la protection des responsables politiques, a exigé que les stores des hublots soient baissés au décollage, une consigne très inhabituelle en dehors de zones de combat.

Une fois arrivé sur la base militaire de Mildenhall (est de l'Angleterre), un peu avant cet avion leurre, le milliardaire de 80 ans y est remonté, là aussi secrètement et sans que le Washington Post n'ait pu déterminer comment. Puis il a descendu la passerelle devant les journalistes rassemblés comme d'habitude sous l'aile de l'appareil, avant d'embarquer immédiatement, avec eux, dans l'avion offert par le Qatar pour regagner les Etats-Unis.

Un «vol dangereux»

Pendant ce trajet retour, le président américain a rendu visite aux journalistes, comme souvent, pour répondre à quelques questions.

«Savez-vous pourquoi on nous a fait baisser les stores des hublots?»
Un journaliste à propos du vol précédent

«Parce que vous êtes probablement sur un vol dangereux à cause des salauds à qui nous avons affaire», répond Donald Trump – qui était donc, rappelons-le, dans un autre avion. «Ils ne m'ont pas demandé de baisser le mien mais s'ils l'avaient demandé, je l'aurais fait», a ajouté le président.

Interrogée par l'AFP, la Maison-Blanche n'a rien confirmé, transmettant seulement cette déclaration du directeur de la communication, Steven Cheung:

«Il y a beaucoup d'ennemis des Etats-Unis qui l'ont dans le viseur, et nous utilisons tous les outils à notre disposition pour faire face à ces menaces»
Steven Cheung, porte-parole de la Maison-Blanche

D'autres cas dans l'histoire

Ce n'est pas la première fois dans l'histoire qu'un président américain prend ainsi des précautions exceptionnelles, mais le secret entourant cette opération est inhabituel.

En 2000, Bill Clinton avait par exemple changé d'avion à la dernière minute pour se rendre d'Inde au Pakistan, laissant un appareil transportant des agents du Secret Service faire office de leurre. La presse avait elle été transportée à bord d'un autre appareil de l'armée de l'air.

En 2023, une visite de Joe Biden en Ukraine avait également été entourée du plus grand secret. Le président démocrate avait toutefois été accompagné pendant son trajet, en avion puis en train, par une journaliste du Wall Street Journal et un photojournaliste de l'agence AP. (mbr/ats)

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source: hulton archive / heritage images
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