«On aurait dit la fin du monde»: la Colombie compte ses morts
Secouristes et bénévoles continuent mardi en Colombie de dégager les décombres, en quête de survivants, au lendemain du séisme le plus violent de la dernière décennie dans ce pays, qui a fait au moins 240 morts et plus de 1300 blessés, , selon les chiffres communiqués mardi par plusieurs autorités locales.
Ce tremblement de terre d'une magnitude de 7,4, survenu lundi en tout début de matinée avec pour épicentre le département pauvre du Choco, sur la côte Pacifique, a causé un mouvement de panique avec des milliers de personnes dans les rues.
Au moins 181 personnes sont mortes et plus de 1300 autres ont été blessées, selon un nouveau bilan de l'Association des maires publié mardi. Cali, troisième ville du pays dans le sud-ouest, Pereira et Manizales, dans la «région du café», ainsi que Quibdo, chef-lieu du Choco ont été les plus affectées. Les maires ont fait état de plus de 165 bâtiments détruits.
Le chef de l'Etat, Abelardo de la Espriella, investi le 7 août, a annoncé l'instauration de l'état d'urgence.
Le pape Léon XIV s'est dit mardi «profondément affecté par la triste nouvelle du séisme» et prie pour toutes les victimes, selon un télégramme envoyé par le Vatican au président de la Conférence épiscopale colombienne.
«Une scène de film»
«On est sans électricité. On a vraiment l'impression d'être dans une ville de zombies. Franchement, c'est très triste», a déploré Juan David Gaitan, travailleur indépendant à Pereira, déjà frappée par un séisme qui avait fait près de 1200 morts en 1999. «Honnêtement, je n'arrive toujours pas à y croire», a confié Andres Hernandez, tatoueur.
Dans la ville de Manizales, à une cinquantaine de kilomètres de là, l'une des tours de la cathédrale s'est décrochée. «Je suis sorti dans la rue en courant, sans rien, il y avait des centaines de personnes», a témoigné Julian Peña, dentiste à Quibdo.
A Bogota aussi, des habitants, certains encore en pyjama, ont brièvement évacué les immeubles lundi matin avant de regagner leur domicile ou leur bureau, aucun dégât majeur n'ayant été signalé dans la capitale.
Mais à Cali, secouristes professionnels et improvisés continuaient, même après la tombée de la nuit, à enlever les décombres, parfois à mains nues, à la recherche de signes de vie. Parmi les volontaires, Nelson Moreno est venu sauver une amie coincée sous deux immeubles de cinq étages. Le père et le bébé de la jeune femme ont été retrouvés, blessés mais vivants.
Les sauveteurs forment des chaînes humaines pour fouiller les ruines, avec des pioches et des outils rudimentaires.
L'activité de sept aéroports a été suspendue en raison des dégâts liés au séisme, selon Asocapitales, organisation de coordination des principales villes de Colombie. «Nous effectuons toutes les opérations nécessaires pour sortir les gens vivants», a déclaré Andrés Felipe Mejia, secouriste bénévole à Cali. «Beaucoup de gens sont venus, avec de l'équipement, de la nourriture, pour aider les pompiers, pour aider les gens», a-t-il ajouté.
Au moins 47 répliques ont été enregistrées, selon le service géologique colombien. L'épicentre du séisme a été localisé près de San José del Palmar, dans le Choco. Le tremblement de terre a été ressenti jusqu'en Equateur, au Panama et au Venezuela, lui-même frappé le 24 juin par un double séisme de magnitude 7,2 et 7,5 ayant fait plus de 6000 morts.
Ces pays sont situés sur la ceinture de feu du Pacifique, zone de forte activité sismique et volcanique due aux mouvements des plaques tectoniques, dont la plaque de Nazca et la plaque Caraïbe qui plongent sous la plaque sud-américaine.
Solidarité internationale
Face à l'ampleur de la catastrophe, les messages de solidarité ont afflué du monde entier. Plusieurs pays latino-américains ainsi qu'Israël, l'Espagne et la France ont fait part de leur soutien. L'Union européenne a annoncé avoir mobilisé son service satellitaire Copernicus pour faciliter les opérations de secours. Les Etats-Unis, alliés du nouveau gouvernement, ont offert une aide de 15,5 millions de dollars pour faire face à l'urgence.
Quant aux autorités suisses, elles suivent de près la situation et se déclarent prêtes à apporter leur aide. Pour l'heure, à la connaissance du Département fédéral des affaires étrangères, aucun ressortissant suisse ne figure parmi les morts. Environ 2800 ressortissants suisses sont enregistrés en Colombie en tant que Suisses de l’étranger, précise le DFAE, contacté par l'agence de presse Keystone-ATS mardi.
Et sur la plateforme Travel Admin, quelque 130 personnes se sont enregistrées en tant que voyageurs, précise-t-il. Le DFAE ajoute que la représentation suisse à Bogota est en contact avec les autorités compétentes sur place. Il ne dispose actuellement d’aucune information concernant d’éventuelles victimes suisses. Des vérifications sont en cours.
Les services compétents examinent aussi si et sous quelle forme la Suisse peut apporter son aide. Cela inclut également la possibilité d’envoyer des spécialistes. A l’heure actuelle, aucune information ne peut encore être fournie concernant une intervention concrète, indique un porte-parole du DFAE.
La Croix-Rouge suisse se tient elle aussi prête à apporter son aide après ce violent séisme, «en soutien de l'action d'urgence de la Croix-Rouge locale, mobilisée dès les premières heures, en lui fournissant des fonds et du personnel spécialisé», écrit mardi dans un communiqué la CRS. Elle évalue pour l'heure les besoins d’aide en collaboration avec ses partenaires du Mouvement international de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge. (mbr/ats/afp)
