Le nouveau plan de l'Iran met Trump sous pression
Donald Trump se trouve dans une position délicate: Téhéran propose un accord immédiat pour mettre un terme aux hostilités et lever le blocage du détroit d’Ormuz, mais souhaite repousser à plus tard les discussions sur son programme nucléaire.
Selon les médias étasuniens, Donald Trump serait «mécontent» de cette proposition. Mais ses marges de manœuvre sont limitées. Une solution en deux étapes, inspirée du plan iranien, pourrait donc émerger.
Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a transmis ce plan le week-end dernier lors d’une visite à Islamabad, par l’intermédiaire du Pakistan, qui joue le rôle de médiateur avec Washington. D’après plusieurs médias américains, l’Iran souhaite d’abord formaliser la fin du conflit et garantir la libre circulation maritime dans le détroit d’Ormuz.
Une telle mesure permettrait d’apaiser la crise mondiale sur les marchés du pétrole, du gaz, des engrais et d’autres matières premières, provoquée par le blocage iranien du détroit puis par la riposte américaine interdisant l’accès aux navires iraniens. Les sujets sensibles, comme le programme nucléaire, seraient abordés dans un second temps.
Donald Trump a tout intérêt à une détente rapide des marchés mondiaux: aux Etats-Unis, la hausse des prix du carburant et d’autres produits alimente le mécontentement des électeurs, à quelques mois d’élections législatives cruciales.
Mais accepter le plan de Téhéran signifierait repousser la conclusion d’un accord sur de nouvelles limitations du programme nucléaire iranien et sur le sort des 440 kilogrammes d’uranium hautement enrichi détenus par l’Iran. Or, Donald Trump a justifié l’offensive militaire par la volonté d’empêcher Téhéran de se doter de l’arme nucléaire.
Un levier limité pour Washington
«La question nucléaire est la raison pour laquelle nous sommes engagés dans ce conflit», a rappelé le secrétaire d’Etat et conseiller à la sécurité nationale Marco Rubio sur la chaîne Fox News. Il est donc peu probable que Washington accepte le plan iranien sans modifications. Selon le New York Times, une telle décision pourrait donner l’impression que Donald Trump renonce à une victoire.
Cependant, les Etats-Unis disposent de peu de moyens pour contraindre l’Iran à faire des concessions immédiates sur le nucléaire. D’après plusieurs médias, Donald Trump ne souhaite pas reprendre les hostilités et a prolongé le cessez-le-feu pour une durée indéterminée. Le site Axios cite un conseiller décrivant un président «frustré, mais réaliste».
De son côté, Téhéran campe sur ses positions. Le ministère iranien de la Défense a déclaré mardi que les Etats-Unis ne pouvaient plus «dicter» leurs conditions. Mais l’Iran a lui aussi intérêt à une issue: le pays doit reconstruire ses infrastructures endommagées et rétablir ses relations avec ses voisins arabes. La décision prise mardi d’interdire l’exportation de produits sidérurgiques illustre les difficultés économiques croissantes du pays.
Raz Zimmt, expert de l’Institut d’études de sécurité nationale israélien (INSS), a récemment écrit sur X:
A ce stade, une solution en deux temps fondée sur la proposition iranienne semble être le seul scénario discuté entre Washington et Téhéran, avec la médiation du Pakistan.
Dans un premier temps, il s’agirait de rétablir la libre circulation des pétroliers et cargos dans le détroit d’Ormuz, comme avant le conflit. Dans un second temps, les discussions porteraient sur le programme nucléaire iranien.
Quant au sort des 440 kilogrammes d’uranium hautement enrichi, la Russie s’est proposée pour en assurer la prise en charge. Dans le cadre de l’accord nucléaire de 2015 – abandonné par Donald Trump –, l’Iran a déjà transféré son uranium vers la Russie. Le Kremlin se dit prêt à renouveler cette opération, mais les Etats-Unis s’y opposent pour l’instant. (adapt. tam)
