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Trump retire son image polémique sur le pape

epa12887688 US President Donald Trump speaks to members of the media outside the Oval Office of the White House in Washington, DC, USA, 13 April 2026. EPA/SALWAN GEORGES / POOL
Lundi, Donald Trump en a remis une couche sur le pape américain, le qualifiant de «très faible»Keystone

Trump a mis ses électeurs en colère: «C'est un esprit antéchrist»

Le président américain s'en est vivement pris au pape Léon XIV qui s'était opposé à la guerre en Iran. Mais une image publiée sur ses réseaux a suscité l'indignation de la droite religieuse.
14.04.2026, 09:4414.04.2026, 09:44

Donald Trump a supprimé lundi une image le représentant tel Jésus sur son réseau Truth Social, face à l'indignation de la droite religieuse américaine, assurant qu'il s'agissait en fait de lui en médecin.

«Ce n'était pas une représentation. C'était moi. Je l'ai bien publiée, et je pensais que c'était moi», a réagi le président américain lundi au sujet de cette illustration générée par intelligence artificielle publiée la veille. «C'est censé être moi en tant que médecin, soignant les gens. Et je soigne les gens. Je les soigne beaucoup», a-t-il ajouté en évoquant la Croix-Rouge.

L'image montre Donald Trump drapé d'une toge rouge et blanche avec un halo de lumière dans les mains et posant une paume sur le front d'un homme alité, entouré de personnes qui le regardent. S'inspirant des codes de la peinture chrétienne, la scène comprend des attributs patriotiques américains comme des aigles, la bannière étoilée, un soldat en uniforme, un avion de combat ou la statue de la Liberté.

Trum en pape sur Truth Social (IA)
La photo supprimée par TrumpImage: Truth Social

L'image avait été publiée peu après un message virulent du président américain contre le pape Léon XIV, qui avait formulé samedi une sévère critique de la guerre en Iran.

Une représentation «blasphématoire»

Lundi, Donald Trump en a remis une couche sur le pape américain, le qualifiant de «très faible». L'image n'a pas été du goût de plusieurs figures de la droite chrétienne, qui ont rapidement dénoncé une représentation «blasphématoire».

«C'est plus qu'un blasphème. C'est un esprit antéchrist», s'est indignée sur X l'ex-élue trumpiste Marjorie Taylor Greene, en rupture avec le président. «Trump s'en est pris au pape parce que ce dernier s'oppose, à juste titre, à la guerre menée par Trump en Iran. Puis il a publié une photo de lui-même comme s'il prenait la place de Jésus», a-t-elle poursuivi.

FILE - Rep. Marjorie Taylor Greene, R-Ga., speaks during a news conference on the Epstein Files Transparency Act, Nov. 18, 2025, outside the U.S. Capitol in Washington. (AP Photo/Julia Demaree Nikhins ...
Marjorie Taylor GreeneKeystone

«J'ignore si le président pensait faire de l'humour, s'il est sous l'influence de substances ou quelle autre explication il pourrait donner à cet outrageux blasphème. Il doit retirer ce message immédiatement», a également déclaré sur X Megan Basham, écrivaine et podcasteuse conservatrice, habituellement proche de Donald Trump.

Trump a creusé un «fossé» avec sa base catholique

Trump a déjà utilisé des images religieuses dans ses publications: en mai, il avait publié sur sa plateforme un portrait de lui en tenue papale généré par l'intelligence artificielle, après avoir dit qu'il «aimerait être pape». Selon Matthew Taylor, chercheur à l'université Georgetown et spécialiste du nationalisme chrétien, Donald Trump a embrassé la rhétorique religieuse avec encore plus de ferveur après sa tentative d'assassinat en juillet 2024.

Le président septuagénaire - qui se dit chrétien mais ne prétend pas être particulièrement pratiquant - a bénéficié d'un soutien considérable de la part des chrétiens et évangéliques conservateurs lors de ses mandats. «De nombreux sympathisants de droite s'opposaient déjà à la guerre en Iran, et un fossé se creusait au sein de sa base catholique, mais les dénonciations du pape Léon risquent d'éroder encore davantage cette base», tout comme la publication de cette image jugée blasphématoire, explique Taylor.

Historienne à l'université Calvin, un établissement chrétien, Kristin du Mez nuance toutefois le constat. Si elle affirme que les soutiens religieux de Donald Trump «prennent leurs distances avec ce qui relève clairement du blasphème», elle ne décèle pas pour autant «la moindre indication qu'ils cesseront de le soutenir». (jzs/afp)

Une année de Trump, c'est épuisant
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