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Les Etats-Unis frappent l'Iran

L'armée américaine a lancé des «frappes puissantes» contre l'Iran (image d'archives)
Un F-35 américain engagé au Moyen-Orient (image d'archives).Image: Imago

Les Etats-Unis lancent des «frappes puissantes» contre l'Iran

Des violations du cessez-le-feu sont dénoncées après des attaques iraniennes dans le détroit d'Ormuz. L'armée américaine mène des représailles.
08.07.2026, 05:5708.07.2026, 06:38

Les Etats-Unis ont lancé mardi une série de frappes contre l'Iran et rétabli leurs sanctions sur le pétrole iranien, affirmant répondre aux attaques contre des navires à Ormuz. Les médias iraniens ont fait état d'explosions sur des sites proches du détroit.

Trois navires ont été touchés en 24 heures dans le détroit d'Ormuz, malgré le cessez-le-feu entre Téhéran et Washington a rapporté l'agence de sécurité maritime britannique UKMTO. Le Qatar et l'Arabie saoudite ont imputé deux de ces attaques à l'Iran.

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L'Iran et les Etats-Unis ont signé le 17 juin un protocole d'accord pour mettre fin à la guerre déclenchée le 28 février par l'offensive américano-israélienne contre Téhéran. Ce texte prévoit notamment la réouverture du détroit d'Ormuz, par où transitent, en temps normal, 20% du brut et du GNL mondial et dont la fermeture par Téhéran avait fait vaciller l'économie mondiale et flamber les prix, ainsi que la levée des sanctions américaines sur le pétrole iranien.

Le commandement militaire américain pour le Moyen-Orient (CENTCOM) a annoncé le lancement d'une «série de frappes puissantes» en représailles aux «attaques iraniennes», qualifiées de «violation flagrante du cessez-le-feu». «Les agissements de l'Iran dans le détroit sont totalement inacceptables aux yeux des Etats-Unis et ne resteront pas impunis», a déclaré un responsable gouvernemental américain sous le couvert de l'anonymat, après la publication d'un document par le ministère américain des finances interdisant les «nouvelles transactions» d'hydrocarbures iraniens à partir de mardi.

Selon la chaîne d'information iranienne IRIB, six explosions ont été entendues sur l'île iranienne de Qeshm, sept dans la ville de Sirik et d'autres encore dans la grande ville portuaire de Bandar Abbas (sud).

Le Qatar dénonce

La navigation avait repris dans le détroit d'Ormuz à la suite de la signature du protocole d'accord, malgré quelques incidents. A la fin juin, accusant l'Iran d'avoir ciblé deux navires, les Etats-Unis avaient bombardé le pays, qui avait riposté en ciblant des voisins du golfe Persique, le Koweït et Bahreïn. Washington et Téhéran s'étaient ensuite mis d'accord pour cesser ces hostilités.

L'Arabie saoudite a condamné «le ciblage par la République islamique d'Iran du pétrolier saoudien Wedyan», ainsi que celui «du méthanier qatari Al-Rakayyat», dénonçant «une atteinte à la sécurité de la navigation internationale et à la sécurité des approvisionnements énergétiques mondiaux». Auparavant, le Qatar avait annoncé avoir convoqué le chargé d'affaires iranien pour protester contre l'attaque visant son méthanier.

Le ministère qatari des affaires étrangères a dit avoir remis au diplomate iranien une note sommant Téhéran de «cesser immédiatement toute pratique portant atteinte à la sécurité régionale» ainsi qu'à «la sécurité de la navigation internationale et l'approvisionnement énergétique mondial», tout en exigeant «des explications sur cette attaque». Le porte-parole du ministère iranien des affaires étrangères Esmaïl Baghaï a, de son côté, dénoncé une mise en cause «inacceptable» de la part du Qatar.

Le porte-parole du ministère des Affaires étrangères iranien, Esmaïl Baghaï
Esmaïl BaghaïImage: X

Sans les attribuer, l'agence UKMTO a ensuite signalé mardi deux autres incidents: un pétrolier touché par un projectile non identifié, subissant «des dommages structurels», et un navire-citerne frappé par un drone d'origine inconnue. Dans les trois cas, l'agence a indiqué qu'il n'y avait eu ni blessé ni dégâts environnementaux.

Pendant les funérailles de Khamenei

L'Iran exclut, en dépit de l'opposition des Etats-Unis, tout retour à la situation d'avant-guerre, quand le passage du détroit était gratuit, et menace les navires tentés de contourner le seul itinéraire qu'il a autorisé le long de ses côtes. Le site américain Axios a rapporté lundi soir que l'Iran avait «tiré au moins deux missiles sur des navires commerciaux», citant deux responsables américains. Selon l'un de ces responsables, un deuxième bateau a été touché et présente des dégâts importants.

Cette montée des tensions intervient alors que l'Iran organise depuis samedi des funérailles nationales de six jours pour son guide suprême, Ali Khamenei, tué au premier jour de la guerre par des frappes israélo-américaines, dont le corps vient d'arriver en Irak pour des processions à Najaf et Kerbala, deux villes abritant les sanctuaires les plus vénérés des musulmans chiites. (jzs/ats/afp)

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