Les républicains ont une nouvelle arme pour humilier leurs adversaires
Le spot télévisé a évidemment tout d'un deepfake. Cette publicité de quinze secondes montre James Talarico, candidat au Sénat, vêtu d'une robe, en train de chanter son soutien aux personnes transgenres. Sur l'air d'une chanson populaire, le démocrate texan fredonne:
Comme cette publicité entièrement fabriquée ne comporte aucune mention de l'intelligence artificielle (IA), les téléspectateurs qui ne sont pas au courant risquent de ne pas comprendre ce qu'ils regardent. Seule une inscription à l'écran indique que la vidéo a été commandée par le groupe «Citizens for Sanity». Parmi les donateurs de ce comité de campagne figure Elon Musk, l'homme le plus riche du monde.
Ce spot n'est qu'un exemple parmi tant d'autres d'une nouvelle tendance qui inquiète les observateurs des campagnes électorales étasuniennes: de plus en plus de publicités sont réalisées à l'aide de l'intelligence artificielle. Les responsables politiques et leurs alliés ont déjà consacré plus de 137 millions de dollars à des spots produits partiellement ou entièrement grâce à l'IA.
NEW: The Trump-aligned org Citizens for Sanity is dropping a six-figure ad buy in the Texas Senate race. The ad is a 15 second clip of AI-generated James Talarico singing a "trans kids" rendition of “Favorite Things." Obtained first by @DailyCaller: https://t.co/JNY8vxYueG
— Reagan Reese (@reaganreese_) June 9, 2026
Certaines de ces publicités sont ingénieuses. Dans l'Oklahoma, un candidat a ainsi utilisé l'IA pour animer une ancienne photo de lui. Sur ce cliché où il apparaissait en policier au regard sévère, il affiche désormais un sourire.
D'autres publicités générées artificiellement sont carrément absurdes, même si elles paraissent authentiques. Bruce Blakeman, candidat républicain au poste de gouverneur de l'Etat de New York, utilise ainsi l'intelligence artificielle pour dénoncer les échecs de son adversaire politique.
L'un de ses spots présente la gouverneure Kathy Hochul sous les traits d'une braqueuse de banque. Aux côtés du maire de New York, Zohran Mamdani, la démocrate dépouille les contribuables tout en affichant un rire diabolique.
Rien dans cette publicité n'indique qu'elle a été produite à l'aide de l'IA, alors que la législation de l'Etat de New York impose une telle mention. Sur les 50 Etats américains, 31 ont adopté des lois encadrant l'utilisation de l'intelligence artificielle dans les publicités politiques. Le Parti démocrate de New York a donc déjà déposé plainte. Bruce Blakeman rejette toutefois les accusations selon lesquelles il aurait cherché à tromper les électeurs. Ces publicités relèvent de la satire, a-t-il récemment affirmé sur une chaîne de télévision.
Les démocrates utilisent l'IA avec davantage de retenue
Cette vague de publicités générées artificiellement présente une particularité: ce sont surtout les républicains qui recourent à l'IA. Cela tient peut-être aussi au fait que le président Donald Trump est un fervent partisan de cette technologie et diffuse régulièrement des images et des vidéos inventées par l'intermédiaire de ses canaux officiels.
Les démocrates, en revanche, utilisent l'IA avec davantage de prudence, comme l'ont constaté les chercheurs indépendants du Wesleyan Media Project. Dans des entretiens accordés aux médias, ceux-ci ont expliqué cette différence par la méfiance de la population américaine envers certains aspects de cette nouvelle technologie.
Tomorrow. Ready to roll. https://t.co/YiWREmkjyx
— Marsha Blackburn (@VoteMarsha) October 13, 2026
Au Texas, James Talarico tente quant à lui de retourner à son avantage le déferlement de publicités offensives créées par l'intelligence artificielle. Dans un nouveau spot, le candidat au Sénat évoque les «fausses» vidéos diffusées par son adversaire et les soutiens de celui-ci. Avant de déclarer:
(trad. hun)
