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La Cour pénale internationale a (enfin) de quoi se réjouir

(FILES) This photograph shows a view of the International Criminal Court (ICC) in The Hague on September 23, 2026. Dutch Prime Minister Rob Jetten has pledged on October 9, 2026, to defend the Interna ...
Basée à La Haye, aux Pays-Bas et comptant 125 États membres, la Cour pénale internationale juge les individus accusés des pires atrocités commises dans le monde (image d'archives).Image: ANP

La Cour pénale internationale a (enfin) de quoi se réjouir

Le Parlement européen a décerné jeudi le prix Sakharov pour la liberté de pensée à la Cour pénale internationale (CPI), ciblée par le président américain Donald Trump.
22.10.2026, 14:4022.10.2026, 14:40

Le prix Sakharov pour la liberté de pensée a été attribué à la Cour pénale internationale (CPI), actuellement dans le collimateur du président américain Donald Trump, a annoncé jeudi la présidente du Parlement européen, Roberta Metsola.

«L'Union européenne repose sur le respect du multilatéralisme et des institutions internationales, et ce prix salue l'important travail accompli par la cour pour faire respecter le droit et la justice à l'échelle internationale»
Metsola dans l'hémicycle à Strasbourg

Basée à La Haye, aux Pays-Bas et comptant 125 États membres, la Cour pénale internationale juge les individus accusés des pires atrocités commises dans le monde: crimes de guerre, crimes contre l'humanité et génocide.

Ce prix intervient à un moment où la cour est confrontée «à des défis sans précédent», a souligné sa présidente, la juge Tomoko Akane, après avoir remercié le Parlement européen.

«C'est historique», a abondé Chloé Ridel, du groupe Socialistes et Démocrates (S&D) voyant là «un message d'espoir et de résistance envoyé à Donald Trump». La gauche et le centre soutenaient dès le début la CPI pour le prix Sakharov tandis qu'une partie de l'extrême droite et surtout la droite proposaient de récompenser l'opposant tanzanien Tundu Lissu.

La cheffe des sociaux-démocrates Iratxe Garcia Perez a salué une «victoire pour la justice internationale et une défaite pour les autocrates».

La CPI sous sanctions américaines

Ce soutien affiché à la CPI intervient dans un contexte d'attaques des États-Unis contre la cour.

Le 9 octobre, Washington a annoncé de nouvelles sanctions contre la CPI visant à paralyser son fonctionnement quotidien, quelques heures après la remise du prix Nobel de la paix à l'une de ses anciennes juges, la Sud-Africaine Navi Pillay.

Le président américain Donald Trump, qui estime que le prix Nobel aurait dû lui revenir, a fustigé un choix «honteux». Et son secrétaire d'État Marco Rubio a promis de démanteler «brique par brique» la Cour de La Haye, qualifiée de «tribunal voyou».

L'Union européenne avait déploré les sanctions «profondément regrettables» des États-Unis contre la Cour pénale internationale, et promis d'aider l'institution à poursuivre ses missions.

Remise du prix le 16 décembre

L'an dernier, le prix Sakharov avait récompensé deux journalistes emprisonnés au Bélarus et en Géorgie, Andrzej Poczobut et Mzia Amaghlobeli. M. Poczobut, un Polono-Bélarusse arrêté par Minsk en 2021, a été libéré en avril 2026 dans le cadre d'un échange de prisonniers coordonné par les États-Unis.

Cette année, outre la CPI, étaient en lice l'opposant tanzanien Tundu Lissu ainsi que les soeurs Taraneh et Romina Rahimi, deux Iraniennes emprisonnées dans leur pays pour avoir participé à des manifestations antigouvernementales à Ispahan en janvier. L'une d'elles a été condamnée à la peine de mort.

Les trois finalistes ont été départagés jeudi par les chefs des groupes politiques au Parlement européen.

Créé en 1988 en l'honneur du dissident soviétique et physicien nucléaire Andreï Sakharov, prix Nobel de la paix en 1975, le prix Sakharov est doté de 50.000 euros.

Le Parlement européen organisera une cérémonie pour sa remise le 16 décembre à Strasbourg. (sda/ats/blg/afp)

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