Ce procureur affirme qu’il aurait pu faire condamner Trump
«Plutôt que d'accepter sa défaite à l'élection de 2020, le président Trump s'est engagé dans un plan illégal pour en inverser les résultats et empêcher le transfert légal du pouvoir» au démocrate Joe Biden, vainqueur du scrutin, a déclaré jeudi l'ex-procureur spécial américain Jack Smith à l'ouverture de son audition par la commission des Affaires judiciaires de la Chambre des représentants.
Pour rappel, Jack Smith avait instruit les deux procédures pénales fédérales contre Donald Trump.
«Si l'on m'interrogeait sur le fait de poursuivre ou non un ancien président sur la base des mêmes faits aujourd'hui, je le ferais, que ce président soit démocrate ou républicain. Personne n'est au-dessus de la loi dans ce pays et la loi exigeait qu'il rende des comptes», a-t-il expliqué. Et de poursuivre:
Une cible de Trump
L'ex-procureur spécial avait tenu des propos similaires lors d'une précédente audition devant cette même commission en décembre, cette fois à huis clos, à la demande des républicains qui la président.
Jack Smith est depuis plusieurs années l'une des principales cibles de l'ire de Donald Trump, qui l'a encore traité cette semaine de «fils de pute malade». Donald Trump et ses alliés républicains voient en l'ex-procureur spécial l'incarnation d'une «instrumentalisation» de la justice à son encontre sous Joe Biden.
Après l'élection de Donald Trump en novembre 2024, Jack Smith avait été contraint de mettre fin aux deux procédures fédérales qu'il instruisait contre lui, l'une pour tentatives illégales d'inverser les résultats de l'élection de 2020, l'autre pour rétention de documents classifiés après son départ de la Maison-Blanche.
Le ministère de la Justice avait alors conclu que sa politique depuis le scandale du Watergate en 1973, consistant à ne pas poursuivre un président en exercice, «s'appliquait à cette situation» inédite.
Mais en janvier 2025, Jack Smith s'était dit, dans son rapport final sur l'affaire d'ingérence électorale en 2020, convaincu que, «sans l'élection de Donald Trump et son retour imminent à la présidence», il aurait réussi à le faire condamner. (ag/ats)
