Pakistan: attaque à l'acide contre une femme médecin
Un homme a lancé de l'acide sur la docteure Mahnoor Nasir dans un hôpital de la ville de Quetta samedi. La victime présente des brûlures sur sept pour cent de son corps, selon le bureau du chef de gouvernement provincial.
Les forces de l'ordre ont tué le suspect, un opérateur d'ascenseur de l'établissement médical, alors qu'il tentait de s'enfuir.
La victime pourrait devoir se rendre à l'étranger pour une greffe de peau, selon le porte-parole du ministre en chef de la province du Baloutchistan.
Visant souvent les femmes, les attaques à l'acide ont été criminalisées et sont passibles de lourdes peines dans le pays. Les femmes y sont fortement exposées à la violence et aux inégalités sociales.
Conséquences sur les vocations
La crainte du harcèlement et des agressions aggrave la pénurie de médecins dans ce pays en plein essor démographique. Des enquêtes suggèrent qu'environ un tiers des femmes renoncent à la profession après l'obtention de leur diplôme, bien qu'elles soient plus nombreuses que les hommes dans les facultés.
L'organisation représentant les jeunes médecins en début de carrière a qualifié l'attaque de «défaillance sécuritaire catastrophique». Certains membres de la Young Doctors Association ont manifesté dans l'hôpital où l'attaque a eu lieu et ont annoncé qu'ils feraient grève pour les soins non urgents tant que leurs demandes de meilleures mesures de sécurité et d'enquête ne seraient pas satisfaites.
L'ONU condamne aussi
La Commission des droits humains du Pakistan et des acteurs de la société civile ont organisé une manifestation à Quetta, réclamant à leur tour des mesures pour le personnel féminin des hôpitaux publics et un encadrement plus strict de la vente d'acide.
Les Nations unies ont également condamné l'incident.
Il n'existe pas de données récentes et fiables sur le nombre exact de ce type d'agressions. Un groupe de défense a néanmoins recensé un peu plus de 1180 incidents violents impliquant de l'acide et d'autres substances provoquant des brûlures, comme l'essence et l'eau bouillante, entre 2011 et 2018. (ats/vz)
