Les frappes ukrainiennes font grimper le prix mondial du diesel
La Russie, important producteur de pétrole, a annoncé le 8 juillet interdire ses exportations de gazole pour faire face aux pénuries de carburant dans le pays, provoquées par les frappes ukrainiennes sur ses raffineries.
Cette décision «a propulsé les marges de raffinage du diesel à leur plus haut niveau depuis 2022 et devrait provoquer des tensions à l'échelle mondiale», observe Janiv Shah, vice-president de Rystad Energy et chargé des marchés mondiaux d'hydrocarbures. Ceux qui s'approvisionnaient en diesel russe se «précipitent pour trouver des alternatives d'approvisionnement», expliquait-il dans une note datée du 9 juillet, consultée lundi par l'AFP.
Les marchés du gazole du bassin Atlantique «se sont rapidement tendus ces dernières semaines, la perte des approvisionnements en provenance du Moyen-Orient ayant été aggravée par l'effondrement des exportations russes de gazole», observait aussi l'Agence internationale de l'énergie (AIE) dans son rapport mensuel vendredi.
L'AIE, qui a recensé «au moins 100 frappes» contre des raffineries russes depuis août 2025, dont «au moins 10» sur le seul mois de juin, observe que les frappes contre des infrastructures d'exportation, comme des ports, accroissent «le risque de perturbations de l'approvisionnement en produits et des flux d'exportation».
Notant qu'il existe un risque que le moratoire d'exportation russe soit prolongé au delà de juillet en raison des «menaces persistantes» de frappes de drones, Janiv Shah de Rystad Energy indique que les prix du diesel ont «réagi en conséquence à cette interdiction».
Tensions dans le Golfe
La marge de raffinage du diesel a rebondi «après plusieurs semaines d'affaiblissement liées au cessez-le-feu entre les Etats-Unis et l'Iran», observe-t-il, en ajoutant que «l'état actuel du marché est également influencé par la récente recrudescence des frappes militaires entre les deux pays».
Le trafic maritime dans le détroit d'Ormuz a de nouveau nettement ralenti en raison des attaques qui ont visé plusieurs navires et d'un nouvel échange de frappes entre l'Iran et les Etats-Unis. Lundi, les cours du pétrole s'envolaient, propulsés par le retour du blocus naval des Etats-Unis sur les ports iraniens et la volonté de Washington d'instaurer un droit de péage pour les navires souhaitant traverser le détroit d'Ormuz.
A la pompe, alors que le gazole et le SP95-E10 se vendaient fin juin à moins de 1,90 euro le litre en France et le SP98 à moins de 2,00 euros le litre, ils ont grimpé de nouveau ces derniers jours. A 11h lundi, le SP95-E10, l'essence la plus achetée, se vendait au prix de 1,937 euro le litre (moyenne sur 7320 stations-service), en hausse de 1,75% par rapport à la moyenne de la semaine précédente. Le SP98 se vendait à 2,019 euro le litre (moyenne sur 7625 stations), 1% plus cher que la semaine précédente. Quant au gazole, il s'achetait 1,984 euro le litre (moyenne sur 9567 stations), soit une hausse de plus de 4% par rapport au lundi de la semaine précédente.
Ces prix, qui excluent la Corse ainsi que les départements et territoires d'outre-mer, sont entre 10,6% (SP98) et 15,4% (gazole) plus élevés que ceux relevés le 27 février, veille des premières frappes israélo-américaines sur l'Iran.
Depuis 2006, les stations-service ont l'obligation de communiquer leurs prix au site gouvernemental www.prix-carburants.gouv.fr. Ces données sont ensuite publiées en libre accès et analysées par l'AFP. (afp/tam)
