Cet élu français dénonce des «accords de la honte» à gauche
Le président des Républicains (LR) Bruno Retailleau a dénoncé jeudi 112 «accords de la honte» au premier tour des municipales françaises entre le parti de gauche radicale La France insoumise (LFI) et les autres formations de gauche. Il a traité leurs dirigeants de «bande de tartuffes».
«Je suis venu au Blanc-Mesnil dénoncer ce que j'appelle les accords de la honte», a affirmé l'ex-ministre de l'Intérieur en visite dans cette localité de la région parisienne. Il s'exprimait au côté de Thierry Meignen, la tête de liste de la droite dans cette commune qui affirme affronter «deux listes d'extrême gauche qui revendiquent le logo LFI».
Selon Retailleau, il existe 112 communes «dans lesquelles des accords ont lieu au premier tour entre LFI et au moins un des trois autres principaux partis de gauche» (socialistes, écologistes ou communistes). Quarante-quatre de ces accords rassemblent les quatre formations, dont plusieurs préfectures comme Chartres, Beauvais ou Niort.
«C'est une bande de tartuffes», a dénoncé le patron de LR et candidat à la présidentielle à propos de dirigeants de gauche dont il fustige «l'incroyable hypocrisie», tout en les appelant à «clarifier leur position».
Outre les accords dénoncés, Retailleau redoute des rapprochements au second tour, notamment à Marseille où le maire sortant proche des socialistes Benoît Payan a selon lui «d'ores et déjà tendu la main» au LFI Sébastien Delogu. Il a d'ailleurs conseillé à la candidate de la droite LR Martine Vassal, distancée dans les sondages, de se maintenir au second tour.
Des accords entre LR et l'extrême droite
Avant même la conférence de presse, le secrétaire général du PS Pierre Jouvet a contre-attaqué en traitant Bruno Retailleau de «menteur» mercredi sur Public Sénat.
«Dans les quelques exemples que la presse essaye de faire mousser, où ils dressent soi-disant des accords entre le PS et France insoumise, ce sont des listes citoyennes (et locales) qui n'ont pas été validées par la direction nationale du PS», a-t-il expliqué. Il a assuré disposer lui aussi d'une «liste de 15 pages» sur les accords entre LR et l'extrême droite.
Pierre Jouvet a notamment cité l'exemple de Bourg-en-Bresse (Ain) où des personnalités locales des Républicains figurent sur la liste de Benoît de Boysson (Reconquête). Bruno Retailleau a rejeté cette critique: à Bourg-en-Bresse, «nous avons interdit l'utilisation de notre logo sur cette liste et nous avons refusé de les investir», a-t-il dit.
Les polémiques de Mélenchon
Après les polémiques qui ont émaillé la campagne de LFI, le PS a marqué cette semaine ses distances avec le mouvement de Jean-Luc Mélenchon en dénonçant «des caricatures complotistes et propos antisémites intolérables».
En plus des 380 villes où elle conduit une liste, LFI dit être engagée dans 124 listes de gauche, conduites par des candidats sans étiquette, des Ecologistes, des communistes, des partis d'outre-mer et, dans une demi-douzaine de cas par des socialistes. Elle estime que les quatre partis de gauche sont réunis, le plus souvent dans des listes citoyennes, dans une cinquantaine de villes. (jzs/ats)
