Pourquoi Mélenchon veut être «détestable»
L'eurodéputé social-démocrate Raphaël Glucksmann a comparé dimanche Jean-Luc Mélenchon à Jean-Marie Le Pen. Une réaction après que leader insoumis a plaisanté lors d'un meeting à Perpignan sur la prononciation de son nom, comme il l'avait fait jeudi dernier à propos de Jeffrey Epstein, s'attirant des accusations d'antisémitisme.
«OK Jean-Marie Le Pen», a simplement posté sur X Raphaël Glucksmann au-dessus de l'extrait vidéo des déclarations de Jean-Luc Mélenchon. Au détour d'une phrase où il évoque Raphaël Glucksmann, le tribun insoumis soupire: «Monsieur Gluckman et je ne sais qui encore, Glucksmann pardon..., après j'en ai pour des heures».
Ok Jean-Marie Le Pen. pic.twitter.com/lb4tTo5D84
— Raphael Glucksmann (@rglucks1) March 1, 2026
Dans la première référence au nom de l'eurodéputé, Jean-Luc Mélenchon prononce «Glucksman» et la seconde fois, lorsqu'il se reprend, il prononce «Glucksmane».
«Il veut être le plus détestable»
Jean-Luc Mélenchon a été accusé d'antisémitisme ces derniers jours pour avoir ironisé sur le nom à consonance juive de Jeffrey Epstein, en se demandant si la prononciation «Epstine» ne visait pas à le russifier. Le leader insoumis a ainsi été accusé de s'amuser de la prononciation de noms juifs mais aussi de sous-entendre l'existence d'un complot visant à cacher l'origine juive du pédocriminel américain.
«Tout ça finira mal... Je ne peux m'empêcher de penser à toutes celles et ceux qui ont suivi sincèrement La France insoumise et qui ne souhaitent pas être entraînés dans ce qui n'est plus un dérapage mais une stratégie qui dérive sur les eaux noires de l'antisémitisme», a écrit sur X le premier secrétaire du parti socialiste Olivier Faure.
«En renouvelant un jeu de mot à la Jean-Marie Le Pen sur la prononciation des noms de juifs, Mélenchon assume tout. Dérives antisémites et complaisance pour la violence, c'est une stratégie électorale limpide. Il veut être le plus détestable. Voilà la rare chose qu'il réussit», a estimé également sur X le député socialiste Jérôme Guedj.
Une rupture complète avec LFI réclamée
Jean-Marie Le Pen, fondateur du Front national et aujourd'hui décédé, avait suscité l'indignation avec un jeu de mot resté célèbre, «Durafour crématoire», associant en 1988 le nom du ministre Michel Durafour aux camps de la mort nazis. Il avait été condamné par la justice.
«Jean-Luc Mélenchon sombre à nouveau dans un 'moment Durafour'. Ce n'est pas une sortie de route, c'est une stratégie délibérée qui nourrit l'antisémitisme. Il provoque et récidivera», a estimé de son côté le macroniste Clément Beaune, haut-commissaire au Plan.
Jusqu'ici, le PS et les Ecologistes n'ont pas complètement fermé la porte à des accords avec LFI entre les deux tours des élections municipales des 15 et 22 mars. Mais ce serait au cas par cas et à condition que les candidats concernés adoptent des positions claires sur l'antisémitisme mais aussi sur la violence politique, après la mort du militant d'extrême droite radicale Quentin Deranque, sous les coups d'activistes d'ultragauche, pour certains liés au député LFI Raphaël Arnault.
Parmi les socialistes, des voix s'élèvent pour réclamer une rupture complète avec le parti de Jean-Luc Mélenchon, dont celles de l'ex-président François Hollande, de Jérôme Guedj ou de la présidente de la région Occitanie Carole Delga.
Lors de son meeting à Perpignan, Jean-Luc Mélenchon s'est défendu de tout antisémitisme.
«Nous combattons l'islamophobie, nous combattons le racisme antijuif», a-t-il encore déclaré. (jzs/ats)
