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Gaza: un an après le 7 octobre, le tableau est «très sombre»

Au total, plus de 1500 personnes ont
Le 7 octobre dernier a marqué les ans de l'attaque du Hamas sur Israël et de la guerre qui sévit toujours entre Gaza et Israël.Keystone

Pourquoi la paix est «extrêmement improbable» à Gaza

Les experts estiment qu'un nouvel ordre politique et une reconstruction de Gaza sont peu probables. Explications.
11.10.2024, 20:50
Thomas Seibert, Istanbul / ch media
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Plus de 40 000 morts, des centaines de milliers de personnes déplacées, plus de 150 000 bâtiments détruits: un an après l'attaque du Hamas sur Israël et la guerre qui s'en est suivie, Gaza est en ruines. Les combats entre Israël et le Hamas se poursuivent, mais certains politiciens réfléchissent déjà à un après-conflit. Les perspectives d'un ordre d'après-guerre stable à Gaza, dont Israël et les Palestiniens pourraient se satisfaire, sont bien sombres.

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Le président palestinien Mahmoud Abbas a esquissé devant l'Assemblée générale de l'ONU à New York un plan en douze points pour le «jour d'après» à Gaza. Celui-ci prévoit notamment un retrait complet d'Israël, une administration palestinienne pour les plus de deux millions d'habitants de la bande de Gaza et une conférence de paix de l'ONU.

D'autres propositions présentées ces derniers mois prévoient l'envoi d'une force internationale de maintien de la paix et un programme de reconstruction de Gaza de plusieurs milliards de dollars, auquel les pays arabes et européens pourraient participer.

Aucune de ces solutions n'est réaliste, selon Nathan Brown, expert du Proche-Orient de l'université George Washington, dans la capitale américaine. Il nous a expliqué pourquoi, selon lui, cette idée va à l'encontre des objectifs respectifs des différents belligérants.

Netanyahou veut détruire le Hamas

Le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou veut anéantir complètement le Hamas, qui a commencé la guerre le 7 octobre 2023 en attaquant Israël. Les troupes israéliennes comptent rester à Gaza au moins jusqu'à ce que le dirigeant israélien soit arrivé à ses fins.

Le chef du Hamas, Yahya Sinwar, veut le contraire, à savoir la survie du Hamas et le départ des Israéliens. Le fossé est également profond sur le plan politique. Les représentants politiques palestiniens et une grande partie de la communauté internationale réclament la création d'un Etat palestinien indépendant à côté d'Israël, mais Benyamin Netanyahou ne veut pas en entendre parler.

Comme ces positions s'excluent mutuellement, toutes les tentatives de négocier un cessez-le-feu pour Gaza ont jusqu'à présent échoué. La mise en place d'un ordre d'après-guerre stable est encore moins envisageable, selon Nathan Brown. Il faudrait pour cela réunir Israël, le Hamas, des Etats arabes importants, des organisations internationales, les Etats-Unis et l'Europe – ce qui est «extrêmement improbable». En outre, Israël veut continuer à contrôler la bande de Gaza après la fin de la guerre.

La question de la sécurité est centrale dans la quête d'un ordre d'après-guerre. Israël veut éviter que le Hamas puisse un jour gouverner à nouveau à Gaza et se renforcer militairement.

A l'heure actuelle, le Hamas est d'accord pour que la bande de Gaza soit gouvernée de manière transitoire après la guerre par un gouvernement de technocrates sans lien avec le Hamas, selon l'expert israélien du Hamas et ancien négociateur de prises d'otages Gershon Baskin. Le président palestinien Abbas, dont le mouvement Fatah est un rival du Hamas, pourrait donc nommer un nouveau chef de gouvernement pour Gaza. Mais, des élections libres devraient suivre dans les trois ans.

Le Hamas pourrait à nouveau s'emparer du pouvoir

Il pourrait donc y avoir rapidement un nouveau gouvernement dirigé par le Hamas. Le groupe terroriste pourrait alors s'approvisionner en nouvelles armes. Dans ces conditions, il est impossible qu'Israël approuve ce plan. Le déploiement d'une force de paix arabe à Gaza ne serait pas non plus la panacée. Les Etats arabes hésitent à participer à d'éventuelles solutions d'avenir, selon Julien Barnes-Dacey, du groupe de réflexion européen ECFR.

Même si les pays arabes envoyaient des soldats, cela ne garantirait pas la sécurité et la stabilité. Une unité internationale pourrait être perçue par les Palestiniens et les Arabes comme une force auxiliaire d'Israël à Gaza, comme l'a écrit le politicien palestinien Nasser el-Kidwa dans le magazine arabe Al-Majalla.

Nasser el-Kidwa, neveu du légendaire chef de l'Organisation de libération de la Palestine Yasser Arafat, estime que les chances de succès d'une force de paix sont «faibles». L'envoi d'une force internationale n'entrerait de toute façon pas en ligne de compte de sitôt, le gouvernement de Benyamin Netanyahou refusant jusqu'à nouvel ordre un retrait des troupes israéliennes de Gaza.

Sans consensus général sur le «jour d'après», la guerre à Gaza va se poursuivre. Nathan Brown, de l'université George Washington, n'exclut pas qu'il puisse y avoir de temps en temps des «accords de fortune» pour endiguer la violence. Mais «une structure gouvernementale viable à Gaza» n'est pas encore envisageable. Alors que la guerre dure depuis un an, il n'y a pas de lueur d'espoir, selon Julien Barnes-Dacey du groupe de réflexion ECFR: «Le tableau est très sombre pour les Palestiniens de Gaza».

Traduit et adapté de l'allemand par Tanja Maeder

Voilà à quoi ressemblerait la maison d’un haut dirigeant du Hamas
Video: watson
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