Les États-Unis affichent leur fermeté face à l’Iran à Genève
Iraniens et Américains sont à nouveau en dialogue indirect dans la résidence de Cologny (GE) de l'ambassadeur omanais à l'ONU à Genève. Les Etats-Unis, qui menacent la République islamique de frappes, sont arrivés avec une position ferme, alors que Téhéran parle de discussions «intenses» mais «sérieuses».
Le chef de la diplomatie Abbas Araghchi et les émissaires américains Jared Kushner et Steve Witkoff ont fait le point sur les propositions iraniennes sur le nucléaire. Téhéran a fait des suggestions «pour tester le sérieux» des Américains dans la négociation, a affirmé le ministre iranien à des médias de son pays.
Mais selon des sources citées par le Wall Street Journal, Washington reste ferme sur ses revendications. Il aurait exigé la fermeture des sites nucléaires de Fordo, Natanz et Ispahan. Seul un réacteur à Téhéran pourrait être utilisé pour du nucléaire civil. L'Iran devrait livrer aux Etats-Unis son uranium enrichi et renoncer à davantage de capacités.
Bien loin du compromis iranien qui avait fuité par des diplomates de plusieurs pays la semaine dernière. Téhéran proposerait un moratoire de trois ans sur l'enrichissement et l'exportation de son stock actuel. Selon un haut responsable iranien à Reuters, les trois heures de discussion de jeudi matin ont été «intenses» mais «sérieuses». Certaines sources disent même qu'un dialogue en partie direct aurait eu lieu, pour la première fois depuis la première série de pourparlers début février à Oman.
Les États-Unis pressent l’Iran
Revendiquant un «optimisme prudent», Araghchi estime avant le début de ces dicussions de jeudi qu'une «opportunité historique» d'atteindre un «accord sans précédent» existe. Les Etats-Unis estiment aussi «problématique» que l'Iran ne veuille pas aborder la question de ses missiles balistiques, a encore affirmé le secrétaire d'Etat américain Marco Rubio.
Le facilitateur omanais, le ministre des Affaires étrangères Badr al-Busaidi, a également relayé un certain «optimisme» en quittant son hôtel genevois pour la résidence omanaise. «Nous espérons obtenir davantage d'avancées», a-t-il ensuite ajouté dans l'après-midi, annonçant une pause pour que les Américains se rendent dans un hôtel genevois pour rencontrer une délégation ukrainienne.
De son côté, le directeur de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) Rafael Grossi a à nouveau fait le déplacement de Genève. Tout comme le numéro deux de la diplomatie iranienne Kazem Gharibabadi, contre lequel une plainte pour crimes contre l'humanité a été déposée en Suisse, ont affirmé les avocats des plaignants.
La Suisse ne fait qu'accueillir les pourparlers mais ne fonctionne pas comme intermédiaire. «Il faut prier pour que cette deuxième rencontre puisse de nouveau faire un pas important et très bientôt un pas décisif vers la paix et la stabilité en Iran», avait dit lundi à Genève à quelques journalistes le conseiller fédéral Ignazio Cassis.
Les négociateurs discutent aussi de l’Ukraine
Il redoute toujours une détérioration qui mettrait le monde face à un conflit armé dans la région, une menace que les autorités iraniennes brandissent. Le président américain Donald Trump a menacé à plusieurs reprises Téhéran d'une offensive armée si la République islamique venait à exécuter des participants aux manifestations contre le régime il y a quelques semaines.
Désormais, il parle de possibles frappes limitées si un accord n'est pas trouvé rapidement. Witkoff a laissé entendre que le président ne comprenait pas pourquoi l'Iran résiste à une «capitulation».
Face aux menaces, l'ayatollah Ali Khamenei avait répondu que les Etats-Unis n'arriveraient pas à détruire son pays. Pour le moment, les deux pays disent encore miser sur les pourparlers. Mais le déploiement aérien et naval américain se poursuit dans la région.
Et les émissaires américains ont aussi retrouvé jeudi le chef négociateur ukrainien Roustem Oumerov. Au menu, les questions économiques et les prisonniers de guerre. Cette réunion doit permettre de préparer une troisième série de pourparlers entre Washington, Kiev et Moscou à Genève, avait aussi affirmé mercredi le président ukrainien Volodymyr Zelensky. (tib/ats)
