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Guerre contre l'Ukraine

Les Russes soutiennent la fin de la guerre à une condition

Young people rise squares of fabric in the colours of the Russian flag during a patriotic event to promote incoming National Unity Day, in St. Petersburg, Russia, Thursday, Nov. 2, 2023. (AP Photo/Dmi ...
Des Russes manifestent à l'occasion de la Journée de l'unité nationale.Image: keystone

La majorité des Russes soutient la fin de la guerre, mais à une condition

Alors que la guerre continue, un nouveau sondage mené par un institut russe auprès de la population recèle des résultats surprenants pour l'avenir.
05.11.2023, 08:3805.11.2023, 09:40
Anne-Kathrin Hamilton
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La guerre d'agression russe a bouleversé l'ordre mondial. Cela fait 20 mois que la Russie mène une opération militaire «de trois jours» en Ukraine. Celle-ci draine beaucoup d'argent, de ressources et de vies humaines.

Le Kremlin ne s'exprime pratiquement pas au sujet de ses pertes sur le front. Le ministère ukrainien de la Défense estime actuellement les pertes militaires russes à plus de 300 000 soldats. Les chiffres de l'Ukraine doivent toutefois être considérés avec précaution, car ils ne peuvent pas être vérifiés de manière indépendante.

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Selon le ministère britannique de la Défense, entre 150 000 et 190 000 soldats russes ont perdu la vie dans la guerre d'agression menée par la Russie en violation du droit international. Les pertes continuent d'augmenter – en ce moment, les combats intenses autour de la ville d'Avdiïvka coûtent cher en termes de vies.

Récemment, le ministre russe des Finances Anton Siluanov a également annoncé que les dépenses militaires seraient doublées d'ici 2024. «Les dépenses totales pour la défense nationale augmenteront considérablement par rapport aux années précédentes: 29% du budget est aujourd'hui destiné à notre mission principale – assurer notre victoire», a déclaré Siluanov.

Le soutien des Russes à la fin de la guerre

Mais que se passerait-il si Poutine annonçait, aujourd'hui, la fin de la guerre? C'est la question que l'organisation de recherche non gouvernementale russe «Levada Analytical Center» a posée au peuple russe. Et les résultats sont surprenants.

70% des personnes interrogées soutiendraient la décision de Poutine s'il décidait de mettre fin à la guerre «cette semaine» en Ukraine. Ces chiffres ressortent d'un sondage réalisé en Russie par le centre d'analyse Levada du 19 au 25 octobre, lors d'entretiens en face à face.

Le centre Levada a pour mission d'observer régulièrement l'opinion publique en Russie, peut-on lire sur son site Internet. Il effectue des recherches pour des entreprises, des universités et des organisations non gouvernementales en Russie et dans le monde entier, ainsi que pour des organisations internationales.

Le chef du conseil de surveillance du centre est l'économiste soviétique Abel Aganbegyan. Il est président de plusieurs comités et conseils nationaux. A l'époque de Mikhaïl Gorbatchev, il était son conseiller personnel en matière d'économie de politique. Le sociologue et analyste Denis Volkov est le directeur du centre Levada.

Le think tank américain «Jamestown Foundation» décrit cet institut de recherche comme «un institut de sondage et un think tank indépendants basés à Moscou». Volkov aurait rédigé plusieurs publications sur la société civile, les protestations et les attitudes politiques en Russie, ajoute le communiqué.

Alors, que dit le sondage?

Les résultats exacts au sujet du soutien à la fin de la guerre sont les suivants:

  • 37% sont clairement en faveur.
  • 33% sont plutôt en faveur
  • 12% sont plutôt en défaveur
  • 9% sont clairement en défaveur
  • 9% trouvent difficile de répondre

Toutefois, le centre Levada a posé une deuxième question dans ce contexte, qui montre que les Russes n'accepteraient la fin de la guerre qu'à une condition.

Et c'est là que c'est intéressant. Les sondés estiment que la fin des hostilités ne doit pas être liée à la restitution de tous les territoires ukrainiens occupés. Voici les chiffres en détail sur la restitution:

  • 16% sont clairement en faveur
  • 18% sont plutôt en faveur
  • 38% sont plutôt en défaveur
  • 19% sont clairement en défaveur
  • 10% trouvent difficile de répondre

Notons que la moitié des personnes interrogées ont également indiqué qu'elles préféreraient des pourparlers de paix à la poursuite de la guerre. Il est également intéressant de noter que 41% des personnes interrogées ne commenceraient pas la guerre si elles avaient la possibilité de revenir en arrière et d'annuler l'invasion russe de l'Ukraine.

Le plus grand nombre de partisans de «l'opération militaire spéciale» se trouvait dans le groupe d'âge des 55 ans et plus, dont 51% soutenaient la décision de Poutine de février 2022.

Comment les Ukrainiens voient la situation

Ces chiffres ont pas mal intrigué en Ukraine. Anton Gerashchenko, conseiller du ministère ukrainien de l'Intérieur, trouve ces statistiques curieuses. «Le sondage a été réalisé par le centre russe Levada, qui est entièrement sous le contrôle du Kremlin», estime-t-il sur X, en partageant le résultat.

En effet, pour Gerashchenko, le Kremlin exerce probablement une influence sur le centre de recherche. «Cela signifie que ces informations ont été délibérément mises dans l'espace public», explique-t-il. Si c'est le cas, ce serait pour montrer que les Russes sont prêts à négocier la paix, mais pas à rendre des territoires à l'Ukraine.

Traduit et adapté de l'allemand par Léa Krejci

L'Ukraine a développé une «cape d'invisibilité» pour ses soldats
Video: watson
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