International
Hongrie

Orban veut envoyer des migrants à Bruxelles par bus gratuit

Orban énerve toute l'Europe avec ses bus gratuits

Le gouvernement de Viktor Orban ne se lasse pas de provoquer: il a récemment annoncé que des bus gratuits enverront des migrants directement dans la capitale de l'UE. A Bruxelles, la réaction est très vive.
13.09.2024, 12:3013.09.2024, 12:32
Remo Hess, Bruxelles / ch media
Plus de «International»

«Röszke – Bruxelles», peut-on lire sur les bus jaunes. Le message est claire: les migrants qui empruntent le poste-frontière hongrois de Röszke, près de la Serbie, sont appelés à se rendre directement dans la capitale belge de l'UE à bord d'un bus de la compagnie nationale. Et ce, avec à un billet aller-simple.

La raison? La Hongrie se sent «forcée» par l'UE à laisser entrer les migrants irréguliers dans le pays. Le pays a donc décidé «d'offrir un voyage gratuit à Bruxelles selon l'application des règles de procédure européennes», a déclaré la semaine dernière le vice-ministre de l'Intérieur Bence Retvari.

epa11598114 Picture made available on 11 September 2024 of Parliamentary Secretary of the Interior Ministry Bence Retvari holding a press conference at the Nepliget station for international and long- ...
Bence Retvari, devant les fameux bus.Keystone

«La méthode Trump»: Orban trouve l'inspiration aux Etats-Unis

Il s'agit d'une action qui n'a pas d'équivalent dans l'UE. Le gouvernement de Viktor Orban s'est probablement inspiré des Etats-Unis, où le gouverneur du Texas (et allié de Trump), Greg Abbott, a fait transporter des migrants en bus pendant des mois vers New York et d'autres villes gouvernées par des démocrates.

En Belgique, pays de destination des bus, cette annonce a suscité l'émoi. La secrétaire d'Etat à l'immigration Nicole de Moor a qualifié le plan d'«inacceptable» et a protesté publiquement contre «les audaces de ce genre». La Commission européenne a également mis en garde la Hongrie contre la réalisation de son projet.

A l''arrière-plan de cette crise, on retrouve une amende de 200 millions d'euros infligée par la Cour de justice de l'Union européenne (CJUE) à la Hongrie pour des «violations sans précédent et d'une gravité exceptionnelle» de la législation sur l'asile. Chaque jour de non-paiement par la Hongrie est majoré d'un million.

Hungarian Prime Minister Viktor Orban delivers his speech as he attends The European House Ambrosetti (TEHA) economic forum in Cernobbio, Como Lake, Italy, Friday, Sept. 6, 2024. (AP Photo/Luca Bruno)
Victor Orban.Keystone

Cela fait mal. Manifestement, avaler l'amende est si douloureux qu'Orban cherche désormais l'escalade. Ou n'est-ce que du bluff? Ce qui est sûr, c'est que les bus n'iraient pas bien loin. Ils devraient déjà s'arrêter à la frontière autrichienne.

En effet, les plaintes se multiplient à Bruxelles sur le fait que la Hongrie, qui se présente volontiers comme le défenseur des frontières, sape en réalité la sécurité commune dans l'espace Schengen. Le fait qu'elle n'enregistre pas les migrants et les laisse simplement passer est plus ou moins un secret de Polichinelle.

L'année dernière, le gouvernement a, en outre, libéré 1500 passeurs condamnés parce que ses prisons étaient soi-disant surpeuplées. Et actuellement, c'est l'octroi facilité de visas aux Russes et aux Biélorusses par la Hongrie qui fait débat.

Traduit et adapté de l'allemand par Léa Krejci

Pesto, le manchot devenu la nouvelle mascotte de TikTok
Video: watson
Ceci pourrait également vous intéresser:
0 Commentaires
Comme nous voulons continuer à modérer personnellement les débats de commentaires, nous sommes obligés de fermer la fonction de commentaire 72 heures après la publication d’un article. Merci de votre compréhension!
L'Ukraine ressort une antique arme soviétique
Alors que ceux-ci étaient considérés comme inutilisables, les ingénieurs ukrainiens ont pu redonner vie aux Tochka-U, de vieux missiles russes.

Ils sont une relique de l'époque soviétique qui semblaient bons pour la ferraille: les missiles à courte portée de type Tochka-U. Après l'indépendance de l'Ukraine en 1991, environ 500 exemplaires de ces roquettes sont restés dans l'arsenal du pays. Au début de l'invasion russe, on disait que la plupart d'entre eux ne pourraient pas être récupérés. Face à l'urgence, des ingénieurs ukrainiens seraient parvenus à les réhabiliter.

L’article