Trump affirme qu'une «armada» navale navigue vers l'Iran
Le président américain Donald Trump a affirmé jeudi qu'une «armada» navale américaine était en route pour le golfe Persique, maintenant la pression sur Téhéran. Il a déjà plusieurs fois menacé de frapper l'Iran en réponse à la répression du récent mouvement de contestation dans ce pays.
«Nous avons beaucoup de navires qui se dirigent dans cette direction, au cas où», a-t-il déclaré jeudi à des journalistes à bord de l'avion présidentiel Air Force One, qui le ramenait du Forum économique mondial (WEF) de Davos (GR).
Le chef des gardiens de la révolution islamique a averti jeudi Washington que ses forces avaient «le doigt sur la gâchette» après plusieurs semaines de manifestations et de répression en Iran.
Ses propos ont été lus à la télévision d'Etat à l'occasion du jour de célébration nationale des gardiens de la révolution islamique, bras idéologique du guide suprême et force armée extrêmement organisée, accusée par les organisations de droits fondamentaux d'avoir orchestré la répression meurtrière du vaste mouvement contestataire en Iran.
Un autre haut responsable militaire iranien, le général Ali Abdollahi Aliabadi, a de son côté averti qu'en cas d'attaque américaine, «tous les intérêts, bases et centres d'influence américains» seraient des «cibles légitimes» pour les forces armées iraniennes.
L'Iran «prêt» à négocier
L'Iran et les Etats-Unis, ennemis jurés depuis la révolution islamique de 1979, ne cessent d'échanger des menaces. Donald Trump avait haussé le ton mardi à l'égard des dirigeants iraniens, menaçant de les «rayer de la surface de la Terre» si «quoi que ce soit» lui arrivait. Plus tôt, le général iranien Abolfazl Shekarchi l'avait menacé de mort si Washington s'en prenait à l'ayatollah Ali Khamenei.
Tout en brandissant, lui aussi, la menace d'une rispote, le ministre iranien des affaires étrangères Abbas Araghchi, dans une tribune mardi dans le Wall Street Journal, avait assuré que l'Iran était toujours «prêt à mener des négociations réelles et sérieuses».
Déclenchée le 28 décembre, la mobilisation en Iran a pris une ampleur majeure le 8 janvier, défiant ouvertement la République islamique, avant d'être violemment réprimée. La télévision d'Etat iranienne a annoncé mercredi que 3117 personnes avaient été tuées.
Selon l'ONG Iran Human Rights (IHR), basée en Norvège et dont les chiffres sont cités par l'ONU, au moins 3428 manifestants ont été tués, mais le bilan pourrait même dépasser les 20 000 morts. (jzs/ats)
