L'Iran dit à Trump avoir «le doigt sur la gâchette»
Jeudi, le chef des Gardiens de la révolution islamique a averti Washington que ses forces avaient «le doigt sur la gâchette» après plusieurs semaines de manifestations et de répression en Iran. Donald Trump juge de son côté que Téhéran est disposé au dialogue.
«L'Iran veut effectivement parler, et nous parlerons», a déclaré jeudi le président américain devant le Forum économique de Davos, après être revenu sur les frappes des Etats-Unis sur des sites d'enrichissement d'uranium iranien en juin dernier, destinées selon lui à «ne pas laisser» Téhéran fabriquer une bombe nucléaire.
L'Iran jette de l'huile sur le feu
Si Donald Trump a menacé à plusieurs reprises d'intervenir militairement lors de la violente répression du récent mouvement de contestation en Iran, cette perspective semble s'être éloignée au cours de la semaine passée.
Pour autant, le chef des Gardiens de la Révolution, Mohammad Pakpour, a mis de l'huile sur le feu jeudi en invitant Israël et les Etats-Unis à tirer les leçons de leur récente guerre pour ne pas connaître un «sort douloureux».
L'Iran et Israël se sont livrés en 2025 une guerre de 12 jours, déclenchée par une attaque sans précédent d'Israël le 13 juin contre des installations militaires et nucléaires sur le territoire iranien, ainsi que des zones habitées. Les Etats-Unis s'étaient joints à l'offensive de leur allié israélien en frappant trois sites nucléaires dans la nuit du 21 au 22 juin.
Mohammad Pakpour a prévenu, en faisant référence à l'ayatollah Ali Khamenei:
Mohammad Pakpour avait été nommé en juin dernier par Ali Khamenei pour succéder à Hossein Salami, tué lors des frappes aériennes israéliennes.
Ses propos ont été lus à la télévision d'Etat à l'occasion du jour de célébration nationale des Gardiens de la Révolution islamique, bras idéologique du guide suprême et force armée extrêmement organisée, accusée par les organisations de droits humains d'avoir orchestré la répression meurtrière du vaste mouvement contestataire en Iran.
«Rayer les dirigeants iraniens» de la Terre
Un autre haut responsable militaire iranien, le général Ali Abdollahi Aliabadi, a de son côté averti qu'en cas d'attaque américaine, «tous les intérêts, bases et centres d'influence américains» seraient des «cibles légitimes» pour les forces armées iraniennes.
Le président iranien Masoud Pezeshkian a accusé jeudi les Etats-Unis et Israël d'attiser les manifestations comme une «vengeance lâche... pour leur défaite dans la guerre des 12 jours».
L'Iran et les Etats-Unis, ennemis jurés depuis la Révolution islamique de 1979, ne cessent d'échanger des menaces. Donald Trump avait ainsi haussé le ton mardi à l'égard des dirigeants iraniens, menaçant de les «rayer de la surface de la Terre» si «quoi que ce soit» lui arrivait. Plus tôt, le général iranien Abolfazl Shekarchi l'avait menacé de mort si Washington s'en prenait à la personne de l'ayatollah Ali Khamenei.
«L'Iran ne se retiendra pas en cas d'attaque», avait encore commenté le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi, dans une tribune mardi dans le Wall Street Journal, stipulant que l'Iran a «toujours été prêt à mener des négociations réelles et sérieuses».
Un «changement de régime en Iran» est la seule solution pour «l'avenir du peuple iranien», a déclaré jeudi le président israélien Isaac Herzog au Forum de Davos, en estimant que «le régime des ayatollahs est dans une situation plutôt fragile». (ag/ats)
