La guerre est-elle finie? Voici les derniers objectifs d'Israël
A Gaza contre le Hamas, comme au Liban contre le Hezbollah, Israël poursuit un même but, selon Gil Mihaely, directeur de la revue française Conflits. Avec l'Iran, c'est plus compliqué.
En éliminant son chef charismatique Yahya Sinwar, Israël a porté un coup très dur au Hamas. Est-ce bientôt la fin de l’occupation israélienne dans le territoire palestinien, où plus de 40 000 personnes ont été tuées depuis le massacre du 7 octobre? «A Gaza, tout ce que peut espérer obtenir une force comme Israël d’un point de vue militaire l’a été ou à peu près», constate Gil Mihaely, le directeur de la revue française Conflits. «Il lui reste maintenant à finir ce qui n’a pas été fait.» Autrement dit, obtenir des garanties.
«On touche ici aux buts de guerre de Benyamin Netanyahou, tant à Gaza face au Hamas qu’au Liban face au Hezbollah»
Gil Mihaely, directeur de la revue Conflits
Quelles garanties Israël demande-t-il? A Gaza, la garantie que le Hamas, ou tout autre groupe, ne puisse reconstituer le moindre stock d’armes lui permettant de tirer des roquettes sur l’Etat hébreu ou d'y commettre un massacre comme celui du 7 octobre.
«A l’avenir, Israël veut obtenir de la communauté internationale le droit d’intervenir ponctuellement et à tout moment à Gaza en cas de danger pour sa sécurité. Israël estimera avoir gagné s’il atteint ce but de guerre.»
Gil Mihaely, directeur de la revue Conflits
En face, à présent que Yahya Sinwar est mort, se pose la question du leadership, partant, de la gestion des otages, «assurément le butin le plus précieux pour le Hamas ou ce qui en tient lieu désormais à Gaza». Plusieurs hypothèses ou options sont possibles, estime Gil Mihaely.
«Soit le Hamas retrouve rapidement un leader capable d’imposer son autorité, comme auparavant Yahya Sinwar, sur l’ensemble des groupes ou familles détenant des otages encore en vie, soit il perd la main, et alors, des négociations séparées pourront avoir lieu entre Israël et les preneurs d’otages en vue de leur libération.»
Gil Mihaely, directeur de la revue Conflits
On sait donc ce que veut Israël: le retour des otages restants, vivants si possible, et, pour après, le droit d’intervenir préventivement dans la bande de Gaza.
Ce que veut ou voulait le Hamas
Mais qu’espérait et qu’espère peut-être encore le Hamas?
«Ce que voulait Yahya Sinwar, c’était la signature d’un cessez-le-feu illimité dans le temps en échange de la libération des otages. Pour le Hamas, cela aurait été une victoire»
Gil Mihaely, directeur de la revue Conflits
Le gouvernement israélien ne voulait pas de cet arrangement, car cela signifiait le maintien du Hamas au pouvoir, et la possibilité pour ce dernier de reformer son arsenal sans que Tsahal ait les moyens d’intervenir à titre préventif pour l’éviter. «C’est là-dessus que les négociations ont buté jusqu’à maintenant», affirme Gil Mihaely.
Face au Hezbollah, malgré les récriminations des Etats-Unis et de la France, «Israël sait qu’il dispose d’une plus grande légitimité dans sa guerre que dans celle menée contre le Hamas à Gaza», juge Gil Mihaely. Les Israéliens estiment avoir les résolutions de l’ONU de leur côté, à commencer par la 1701, qui oblige le Hezbollah, déployé au Sud-Liban face à Israël, à replier ses forces du sud au nord de la rivière Litanie.
«Comme pour Gaza, Israël ne veut pas d'un 7 octobre qui viendrait du Liban. Il veut donc une sécurité totale dans la zone tampon où se trouve la Finul, la Force des Nations Unies au Sud-Liban.»
Le véto américain sur l'Iran
L’Iran est une tout autre affaire, croit savoir Gil Mihaely.
«Les Etats-Unis ont mis leur veto. Ils ont dit à Israël qu’ils n’accepteraient pas une riposte aux raids aériens iraniens du 1er octobre qui puisse déclencher un conflit majeur aux conséquences incalculables»
Gil Mihaely, directeur de la revue Conflits
Selon Gil Mihaely, la situation israélo-irannienne rappelle celle de la guerre froide. «De la même manière que Washington ne veut pas la chute de Poutine par crainte de l’anarchie en Russie, il ne veut pas, pour l’heure, d’une chute des mollahs, qui pourrait aboutir à une catastrophe régionale.»
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