L'Italie interdit la burqa dans les écoles
Le gouvernement italien a adopté jeudi un décret-loi interdisant les burqas et les niqabs dans les écoles. Il fixe aussi un plafond pour le nombre d'élèves par classe ayant une faible maîtrise de l'italien.
Il instaure «un plafond de 30% du nombre d'élèves dans une classe qui n'ont pas une maîtrise adéquate de l'italien, davantage d'outils pour l'apprentissage de notre langue, et une interdiction de la burqa et du niqab dans les écoles», a résumé la Première ministre ultraconservatrice Giorgia Meloni sur les réseaux sociaux.
Les services sociaux pourront être saisis
Si un enfant rencontre de graves difficultés d'intégration à l'école, les services sociaux seront saisis et les parents seront obligés de suivre des cours d'italien gratuits. Le non-respect de cette obligation sera sanctionné par une amende pouvant aller jusqu'à 1000 euros.
Les migrants et leur intégration sont des thèmes brûlants de campagne à l'approche des élections législatives prévues en 2027.
L'ONG Save the Children craint que le fait d'obliger des enfants à changer d'école ou à s'inscrire dans un autre établissement que leurs camarades simplement en raison de leur nationalité ou de leur maîtrise limitée de l'italien «crée des élèves de "première classe" et de "seconde classe"».
Mais selon le ministre de l'Education Giuseppe Valditara, «une maîtrise insuffisante de la langue entrave le parcours scolaire». «La participation des parents au parcours éducatif de leur enfant est fondamentale pour la réussite scolaire», a-t-il déclaré aux journalistes.
Selon lui, il y a en Italie 34 00 classes dans lesquelles plus de 30% des élèves sont étrangers. Mais la plupart de celles-ci ne seraient pas concernées par la nouvelle loi, qui vise les nouveaux arrivants plutôt que les élèves nés en Italie ou ayant, par exemple, fréquenté l'école maternelle.
«Nouvelle chasse aux sorcières»
La limite de 30% pour le nombre d'élèves étrangers par classe avait été fixée dans une circulaire ministérielle en 2010, mais cette limite était flexible et pouvait être relevée dans les cas où les élèves étrangers disposaient de compétences linguistiques adéquates, comme les élèves étrangers nés en Italie, ou abaissée lorsque les élèves étrangers avaient une faible maîtrise de l'italien.
La cheffe du Parti démocrate (centre gauche, opposition) Elly Schlein a accusé le gouvernement de lancer «une nouvelle chasse aux sorcières sur le dos des enfants».
L'interdiction de la burqa est «une question de sécurité», a justifié Giorgia Meloni dans une interview télévisée après la réunion du gouvernement.
Cette annonce intervient alors qu'un durcissement sur le port de la burqa dans les écoles avait été réclamé en juillet par le parti d'extrême droite Futuro Nazionale (FN) du général Roberto Vannacci.
Ce parti, qui ne fait pas partie de la coalition gouvernementale, s'est imposé comme un concurrent redoutable de Mme Meloni, enregistrant une forte progression dans les sondages depuis son lancement en février. (ag/ats)
