Polémique sur des fuites lors de la garde à vue de Rima Hassan
Le ministère français de la Justice se retrouve mercredi sous pression après la garde à vue de l'eurodéputée franco-palestinienne de gauche radicale Rima Hassan, qui accuse le porte-parole du ministère d'être à l'origine de fuites auprès de journalistes, ce qu'il dément. Hassan a porté plainte à Paris pour «violation du secret professionnel», a annoncé son avocat Me Vincent Brengarth.
Au coeur de la tempête, le porte-parole du ministère de la Justice, Sacha Straub-Kahn, dont le journal satirique Le Canard Enchaîné affirme qu'il aurait échangé avec plusieurs journalistes pendant l'audition de Rima Hassan, et discuté du contenu de sa garde à vue. Ce magistrat a dénoncé sur X des «allégations mensongères du Canard Enchaîné» et a indiqué à l'AFP avoir déposé à son tour plainte pour diffamation ainsi que pour les «injures antisémites inacceptables» qu'il reçoit sur les réseaux sociaux depuis la publication de l'article.
«Mon rôle est de porter la voix du ministère de la Justice et faire preuve de pédagogie (...) pour faire comprendre notre action (...) aux journalistes qui le souhaitent. Ces échanges sont réguliers, concernent des sujets très variés et n'abordent jamais le fond des dossiers», a-t-il affirmé.
Dans le même temps, le ministre de la Justice Gérald Darmanin est monté au front, expliquant avoir saisi l'Inspection générale de la Justice sur ces fuites.
«Quelques grammes» d'une drogue de synthèse
Dès vendredi, le parquet de Paris avait annoncé l'ouverture d'une enquête pour violation du secret de l'enquête. En cause, «la temporalité et (le) degré de précisions des informations qui ont été publiées dans les médias au cours même de la garde à vue et avant toute communication légale».
Le 2 avril, Rima Hassan avait été convoquée et placée en garde à vue, ce dont la presse s'était fait l'écho. A son issue, le parquet avait indiqué qu'elle serait jugée pour apologie du terrorisme, pour l'un de ses posts sur X.
La presse avait évoqué, de source proche du dossier, la découverte de «quelques grammes» d'une drogue de synthèse dans le sac de l'élue de 33 ans. Mais cette information n'a pas été corroborée par le parquet à l'issue de la garde à vue.
Rima Hassan a «indiqué spontanément avoir acheté légalement du CBD dans un magasin qu'elle a désigné et ignorer qu'un produit d'une autre nature pouvait lui avoir été fourni à cette occasion», a précisé le parquet. «D'après les premières analyses effectuées par les services de police, la résine contiendrait des traces d'une drogue de synthèse. Toutefois, les analyses urinaires n'ont pas révélé la présence d'une telle drogue dans l'organisme de Madame Rima Hassan», a souligné Me Vincent Brengarth dans un communiqué. (jzs/ats)
