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Ceuta: les recherches des familles et des disparus se poursuivent

Il y a un peu moins de deux semaines, 72 000 migrants ont tenté de rejoindre Ceuta depuis le Maroc. Beaucoup d'entre eux ont traversé à la nage. Au moins 145 d'entre eux ont trouvé la mort.
Il y a un peu moins de deux semaines, 72 000 migrants ont tenté de rejoindre l'enclave espagnole de Ceuta depuis le Maroc. Beaucoup d'entre eux ont traversé à la nage. Au moins 145 d'entre eux ont trouvé la mort.Image: Antonio Sempere

Ce que l’ADN pourrait révéler sur les victimes de Ceuta

Il y a près de deux semaines, environ 72 000 personnes ont tenté de rejoindre l'enclave espagnole de Ceuta depuis le Maroc. Beaucoup y ont trouvé la mort. Tandis que des médecins légistes s'efforcent d'identifier les corps, des familles continuent de chercher leurs proches.
13.08.2026, 09:2513.08.2026, 09:25
Natasha Hähni

Près de deux semaines après la crise migratoire de Ceuta, les recherches des disparus se poursuivent. Selon des organisations marocaines de défense des droits humains, au moins 145 personnes sont mortes. La plupart d'entre elles se sont noyées ou ont été écrasées dans la foule.

63 corps ont été retrouvés en territoire marocain. 82 se trouvent à la morgue de l'hôpital militaire de Ceuta, où six médecins légistes travaillent 24 heures sur 24 à leur identification.

Les recherches se poursuivent

Ils transmettent leurs conclusions à la Guardia Civil qui, avec la Croix-Rouge, recueille et analyse au poste de douane d'El Tarajal toutes les données et informations relatives aux personnes disparues. Sergio Munguía, responsable de la police scientifique de la Guardia Civil espagnole à Ceuta, explique:

«Avait-il des tatouages? A-t-il subi une opération? Que portait-il? Toute information peut nous aider à identifier la personne.»

Grâce à des prélèvements ADN effectués sur des membres des familles, on serait, selon Sergio Munguía, sur le point d'identifier près de 30 personnes.

L'objectif est de rendre les défunts à leurs familles. Si cela s'avère impossible, ils seront inhumés au cimetière musulman de Ceuta, où des travaux d'agrandissement sont déjà en cours.

De nombreuses familles n'abandonnent pas l'espoir de retrouver leurs proches en vie. Environ 50 migrants sont actuellement portés disparus, selon les autorités. Sur les réseaux sociaux, des proches partagent leurs photos. Les médias locaux publient régulièrement des communiqués officiels ainsi que des témoignages de personnes en quête d'un être cher.

Des membres de la Garde civile et de la Croix-Rouge tentent d'identifier les victimes.
Des membres de la Garde civile et de la Croix-Rouge travaillent ici à l'identification des défunts et des disparus.Image: Antonio Sempere

Des milliers encore à Ceuta

Selon le gouvernement espagnol, environ 2000 migrants se trouvent encore actuellement à Ceuta. La plupart d'entre eux (1342 selon la ministre de la jeunesse Sira Rego), sont des mineurs non accompagnés. A cela s'ajoutent des dizaines, voire des centaines de mineurs qui se cachent dans des quartiers comme «El Principe», par crainte d'être renvoyés par la police de l'autre côté de la frontière.

La suite reste incertaine pour eux. Ils bénéficient d'un statut de protection spécial au sein de l'Union européenne, dont fait partie la ville autonome. La ministre de la jeunesse Sira Rego espère pouvoir accélérer leur répartition vers l'Espagne continentale. Elle a assuré au journal El Mundo que des mesures étaient prises pour que «tous soient pris en charge». La priorité serait donnée aux filles et aux enfants de moins de 13 ans.

La logique est la suivante: plus ils sont nombreux à être enregistrés dans les bases de données, plus leurs familles, si elles les recherchent, auront de chances de les retrouver.

Une surcharge à tous les niveaux

Le problème réside dans le fait que les autorités et leurs services d'accueil sont totalement débordés. Les hébergements d'urgence, mis en place après plusieurs signalements de viols visant des filles et des femmes, restent par exemple difficilement accessibles pour beaucoup de jeunes femmes.

Peu après leur arrivée à Ceuta, des centaines d'enfants et d'adolescents se sont installés dans le complexe industriel d'El Tarajal.
Peu après leur arrivée à Ceuta, des centaines d'enfants et d'adolescents se sont installés dans le complexe industriel d'El Tarajal, proche de la frontière.Image: Antonio Sempere

Du complexe industriel d'El Tarajal (sud), où des dizaines de jeunes femmes et de filles dorment à même le sol sur des cartons, jusqu'à l'école Principe Felipe, il n'y a qu'environ 500 mètres à pied. Mais pour franchir les portes sécurisées de l'établissement scolaire, elles doivent d'abord s'enregistrer auprès de la police. Plusieurs jeunes femmes ont toutefois rapporté à CH Media (éditeur de watson) avoir été refoulées par la police, sans en connaître la raison.

El Tarajal.
carte: watson

Il ne leur reste donc, comme à de nombreux autres mineurs et jeunes adultes, qu'à errer dans la zone industrielle en attendant. Deux semaines après avoir franchi la frontière, la plupart d'entre eux ont pu joindre leur famille. Certains sont toutefois encore à la recherche d'amis ou de proches avec lesquels ils avaient traversé à la nage jusqu'à Ceuta.

De nombreux migrants n'étaient pas préparés, n'avaient pas d'eau potable avec eux, et ne savaient, pour certains, pas vraiment nager. Antonio Sempere, présent sur place lorsque des dizaines de milliers de personnes ont franchi la frontière, raconte:

«J'en ai vu qui s'étaient attaché des bouteilles en plastique vides sur la poitrine, en espérant que cela les aiderait à flotter»
Vidéo: watson

Comme le montrent plusieurs vidéos diffusées sur les réseaux sociaux, les migrants arrivaient souvent sur la terre ferme complètement épuisés et déshydratés.

Mohammed Abuti, qui tient le Cafe Puerta Europa juste à la frontière, s'est précipité vers la plage avec des arrosoirs remplis d'eau potable. Les jours suivants, il a dû assister, impuissant, au repêchage des corps de ceux qui n'étaient pas parvenus jusqu'à lui. (trad. ysc)

Mohammed Abuti (à gauche), du « Café Puerta Europa », donne de l'eau à un garçon à l'aide d'un arrosoir.
Mohammed Abuti (à gauche), du Café Puerta Europa, donne de l'eau à un garçon à l'aide d'un arrosoir.Image: Antonio Sempere
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source: sda / michel euler
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