Ces start-up de défense rendent «une attaque russe plus difficile»
Lorsque la Russie a lancé son invasion à grande échelle de l'Ukraine, Rapolas Markevicius dirigeait un fonds de capital-investissement en Lituanie, pays balte situé sur le flanc oriental de l'Otan, qui craint de devenir la prochaine cible de Moscou.
Quatre ans et demi plus tard, sa nouvelle startup, Pdkinematics, développe des systèmes de guidage de précision qui aident les drones à frapper leurs cibles même lorsque les signaux GPS sont brouillés, et qui sont fournis à la fois à l'Ukraine et à ses alliés européens.
Chercher des moyens de se protéger
Rapolas Markevicius fait partie des nombreux fondateurs de start-up dans les pays baltes qui cherchent à dynamiser les capacités de défense de la région, alors que les membres orientaux de l'Otan font face à des menaces hybrides de la part de la Russie et de son proche allié, la Biélorussie, allant des incursions de drones aux cyberattaques. Rapolas Markevicius résume:
Peu après l'invasion russe de février 2022, il a lancé, avec le cofondateur de Pdkinematics, issu du secteur des technologies spatiales, un programme de recherche et développement afin de «comprendre quels types de technologies nous pouvions réellement apporter sur la ligne de front».
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Selon des experts, des startups comme la sienne renforcent la résilience économique de la région et contribuent à dissuader l'agression russe.
L'importance croissante des start-ups dans la guerre
Un réseau de start-up dynamique s'est développé en Lituanie et chez ses voisins baltes, l'Estonie et la Lettonie, qui en quelques décennies, ont opéré leur transition depuis des économies soviétiques planifiées.
Aujourd'hui, ce pays abrite plusieurs entreprises bien connues bien au-delà des pays baltes, comme Vinted, Bolt et Skype. Les entrepreneurs comblent également les vides laissés par les contractants traditionnels du secteur de l'armement.
Le conflit en Ukraine a été le théâtre d'un immense bouleversement technologique dans la conduite de la guerre, les drones et les robots prenant en charge une grande partie des combats. Cette évolution incite à un développement rapide et à disposer de la capacité d'augmenter la production dans l'immédiat. Rapolas Markevicius affirme:
Et d'ajouter que, désormais, les start-up «créent des solutions très efficaces, rentables et facilement extensibles».
Un secteur en plein boom
Les Etats baltes affichent l'un des niveaux de dépenses de défense les plus élevés de tout l'Otan en termes relatifs: la Lituanie y consacre 5,3% de son PIB, soit la part la plus importante parmi les 32 membres de l'Alliance.
Compte tenu de la vitesse à laquelle la guerre évolue, les gouvernements sont aussi mieux disposés à travailler avec des entrepreneurs moins expérimentés. Les forces armées lituaniennes leur donnent chaque mois accès à des terrains et à de l'espace aérien, offrant ainsi des lieux d'essais pour les technologies émergentes.
La guerre en Ukraine apporte également aux entreprises un retour d'information en temps réel sur la manière dont leurs innovations fonctionnent face à l'armée russe. Elvinas Kukys, PDG et fondateur de Luna Robotics, une startup qui développe des systèmes d'imagerie avancés pour drones FPV, explique:
Dans cet environnement, les jeunes entreprises de défense de toute la région ont réussi à attirer des investissements étrangers importants. Mario Bikarski, analyste au sein de la société de renseignement sur les risques Verisk Maplecroft, souligne:
Rassurer les investisseurs
Un secteur émergent de jeunes entreprises de défense «n'est pas quelque chose qui va empêcher une éventuelle attaque russe», dit Milan Trajkovic, analyste chez l'agence de notation financière américaine Fitch. «Mais cela la rend probablement plus difficile», souligne-t-il.
Selon Invest Lithuania (IL), une agence gouvernementale qui aide les entreprises étrangères à investir, la situation géographique des pays baltes, voisins de la Russie, signifie que certains investisseurs ont besoin d'être rassurés.
«Nous comprenons qu'il s'agit d'une nouvelle normalité», indique son directeur, Elijus Civilis.
Selon lui, des réunions entre les investisseurs et les ministères (concernant parfois des informations confidentielles) peuvent aider à apaiser certaines craintes et à promouvoir une meilleure image du pays et de la région. Il conclut:
