Andrew remporte une victoire inattendue dans l’affaire Epstein
C’est une victoire dont Andrew Mountbatten-Windsor avait sans doute bien besoin. Ce jeudi, la Haute Cour de Londres a donné raison à l’ex-prince, qui contestait la légalité des perquisitions effectuées dans ses résidences en février dernier, dans le cadre de l’enquête sur ses liens avec le criminel sexuel Jeffrey Epstein. Il avait déposé plainte lundi.
Selon Reuters et le Times, la police de Thames Valley a reconnu avoir commis une erreur juridique lors de l’obtention des mandats de perquisition. Ceux-ci avaient été délivrés le 18 février par un juge de l’Old Bailey, le tribunal pénal central de Londres. Or, les autorisations avaient été obtenues sur la base d’une disposition législative inadaptée. Les forces de l’ordre ont elles-mêmes admis cette irrégularité devant la justice.
Le juge Nicholas Hilliard a donc confirmé que les mandats étaient illégaux et devaient être annulés. Andrew, qui n’était pas présent à l’audience, remporte ainsi une première victoire contre les enquêteurs.
Une arrestation aussi mortifiante qu'historique
Pour comprendre les enjeux de cette décision, il faut remonter au 19 février dernier. Ce jour-là, Andrew Mountbatten-Windsor est arrêté à son domicile de Marsh Farm, sur le domaine royal de Sandringham, dans le Norfolk, où il a été exilé par son frère aîné. Ironie du calendrier: le cadet de Charles III fête précisément ses 66 ans.
Les policiers le soupçonnent de «misconduct in public office», une infraction britannique correspondant à une faute grave commise dans l’exercice d’une fonction publique. Jamais, à l’époque contemporaine, un membre aussi haut placé de la famille royale britannique n’avait été interpellé dans le cadre d’une enquête pénale.
Andrew est interrogé pendant plusieurs heures avant d’être remis en liberté, tout en restant sous le coup de l’enquête. Dans le même temps, les policiers perquisitionnent deux propriétés liées à l’ancien duc d’York: Marsh Farm, où il réside désormais, et Royal Lodge, son ancienne demeure de Windsor. Les opérations, qui s’achèvent le 24 février, permettent aux enquêteurs de saisir différents documents et objets susceptibles d’intéresser leurs investigations.
Cette arrestation constitue le dernier épisode d’un scandale qui empoisonne la monarchie britannique depuis plusieurs années: les liens étroits qui unissaient Andrew à Jeffrey Epstein.
Au début de l’année, la publication par le ministère américain de la Justice de nouveaux documents ont révélé que le prince d'alors aurait communiqué au financier américain des informations gouvernementales potentiellement confidentielles. Ce, alors alors qu’il occupait les fonctions de représentant spécial du Royaume-Uni pour le commerce international.
L’ancien duc d’York a toujours contesté avoir commis le moindre acte répréhensible dans ses relations avec Epstein, tout en exprimant ses regrets concernant leur amitié. A ce jour, il n’a fait l’objet d’aucune inculpation dans cette enquête.
D'ailleurs, si la justice a donné raison au prince déchu, il n'en est pas pour autant tiré d'affaire. Selon Reuters, la police britannique cherche désormais à obtenir une nouvelle autorisation légale lui permettant de conserver les documents et objets saisis lors des perquisitions.
Le juge Hilliard a par ailleurs pris soin de préciser que l’annulation des mandats ne signifiait pas que l’enquête pénale elle-même était illégale. La police de Thames Valley a confirmé que ses investigations se poursuivaient.
Andrew remporte donc une bataille procédurale importante, mais certainement pas la guerre judiciaire qui l’oppose aux autorités britanniques. Les soupçons qui ont conduit à son arrestation il y a huit mois, eux, n’ont pas disparu. (mbr)
