Des entreprises d'armement visées par des engins incendiaires à Munich
Des engins incendiaires ont été lancés sur des bâtiments abritant des entreprises d'armement à Munich, en Allemagne, au cours de la nuit de mercredi à jeudi. Deux suspects bulgares ont été arrêtés, selon la police.
«Nous partons du principe qu'il y a un arrière-plan politique», a souligné la police. Contacté par l'AFP, le ministère bulgare des affaires étrangères a confirmé le placement en garde à vue de deux de ses ressortissants «dans le cadre d'une enquête sur une tentative d'incendie criminel».
A Dormagen, dans l'ouest du pays, un promeneur a découvert un objet suspect au sol près d'un poste de transformation électrique, deux jours après des actes de sabotage présumés visant d'autres infrastructures de ce genre ailleurs dans le pays. L'objet n'a provoqué aucun dégât et a été «sécurisé», a indiqué la police pour qui son éventuelle capacité de nuisance reste encore à établir.
Ces incidents s'inscrivent dans un contexte de multiplication de sabotages et d'attaques hybrides en Allemagne, premier soutien de l'Ukraine contre la Russie. Mardi, deux attaques contre des postes électriques ont eu lieu dans l'ouest et l'est du pays. Au début août, un drone explosif a été découvert à l'aéroport de Leipzig et attribué cette semaine par l'Allemagne à Moscou.
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Le ministre de l'intérieur de la Bavière, Joachim Herrmann, a établi jeudi un lien entre l'attaque de Munich et les précédents incidents. «Nous sommes désormais confrontés à un risque accru visant nos propres infrastructures, mais aussi de toute évidence, des entreprises d'armement dans notre pays», a-t-il déclaré.
Plusieurs entreprises d'armement dans le secteur
Selon un porte-parole de la police régionale, les autorités ont été alertées vers minuit «que des engins incendiaires ont été lancés depuis une voiture sur la Mühldorfstrasse», dans l'est de la capitale bavaroise. «Un engin incendiaire a pu être immédiatement éteint par la police» et «un autre a dû être désamorcé», a-t-il dit à l'AFP.
Plusieurs entreprises d'armement se trouvent dans la rue où l'attaque s'est produite, dont le groupe Rohde & Schwarz, spécialisé dans les techniques de sécurité pour le gouvernement et l'armée, ou encore Helsing. Une porte-parole de Rohde & Schwarz a confirmé à l'AFP que des «engins incendiaires» avaient été trouvés à proximité de leurs locaux, précisant que leur «site lui-même n'est pas concerné». Helsing, qui développe des logiciels d'intelligence artificielle et des systèmes autonomes pour la défense, n'a pas souhaité s'exprimer.
Selon la police, deux suspects ont été interpellés dans une station-service, une femme de 28 ans et un homme de 38 ans, tous deux de nationalité bulgare.
Des agents sacrifiables pour des sabotages
Les tensions entre Moscou et Berlin se sont accentuées cette semaine après que l'Allemagne a mardi officiellement accusé Moscou d'être à l'origine du drone de Leipzig.
Les autorités allemandes accusent la Russie d'embaucher pour ce genre de sabotage des agents sacrifiables, faiblement rémunérés et souvent recrutés sur les réseaux sociaux pour des missions ponctuelles. (jzs/ats/afp)
