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Canal Saint-Martin: des incivilités créent la polémique

Hamza et son pistolet à eau.
Hamza et son pistolet à eau.image: capture d'écran

«2 euros tu passes, sinon on t’arrose jusqu’à ce que tu pleures»

Le canal Saint-Martin rendu à la baignade à Paris est le théâtre d'incivilités, avec, en vedette, le jeune «Hamza». Médias de gauche et de droite n'ont pas la même approche du problème.
01.07.2026, 18:5101.07.2026, 20:26

Baignades à Paris, suite et probablement pas fin. Dans un article consacré aux plaisirs aquatiques, watson évoquait hier les incivilités commises le long du canal Saint-Martin ouvert aux baigneurs en cet début d’été caniculaire. Ces incivilités ont leur petite vedette, Hamza, 14 ans, surnommé «La douane». Un adolescent à problèmes, connu des services de police pour une dizaine de faits commis depuis juin 2025, selon une source citée par CNews.

CNews, la «chaîne d’extrême droite»? Oui, et l’on ne trouvera pas trace dans la «presse de gauche», du moins pas avec un angle accusateur, des exploits du garçon. Sous ses airs faussement bon enfant, le sujet est sensible, comme on dit. Hamza a un rituel, a-t-il expliqué à CNews:

«Les douaniers laissent passer les gens en échange d’argent. Moi je fais pareil avec les vélos: 2 euros tu passes, sinon on t’arrose jusqu’à ce que tu pleures»
Hamza, à CNews

Le gamin à la langue bien pendue a été filmé «en train de pousser à l’eau des jeunes femmes qui bronzent sur les berges, sans que leurs protestations ne le dissuadent», rapporte Le Figaro. Une autre fois, alors qu’il se trouve dans l’eau, il agrippe le pied d’un baigneur assis sur la rebord de la berge.

Le 17 juin, relate encore Le Figaro, «enroulé dans un drapeau algérien à la veille du match Algérie-Argentine, Hamza est filmé en train de dérober une bouteille dans une épicerie, un complice entrant simultanément dans l'établissement à vélo pour distraire le commerçant».

Un automobiliste importuné👇

Vidéo: extern / rest

Le canal Saint-Martin n'est pas un long fleuve tranquille

Le canal Saint-Martin, avec ses berges bondées de baigneurs, n'est pas un long fleuve tranquille, comme en témoigne encore ce cycliste pris à partie par des enfants. Ils ne font visiblement pas la différence entre amusement et violence.👇

Cette électricité dans l’air lourd de la capitale rend compte de ces situations où il en faudrait peu pour qu’elles virent au drame. Le sujet est ici, entre autres, celui de la violence des mineurs.

En garde-à-vue

Hamza, qui a été placé le 27 juin en garde-à-vue pour des «faits de violences en réunion et dégradations», serait le personnage multifacette illustrant un vivre-ensemble supposément en lambeaux: adolescent mal dans sa peau et dans son identité, aucun respect de l'autorité, parents absents ou démissionnaires.

Les médias doivent-ils parler de Hamza et avec lui des auteurs des incivilités commises aux abords du canal Saint-Martin? Les titres situés à gauche auront tendance à minimiser le sujet, voire à le passer sous silence, sinon pour reprocher son exploitation par la presse d’extrême droite. Les médias de droite, eux, y voient l’expression d’un mal profond.

Libération vs Le Figaro

Deux points de vue s’affrontent. Dans Libération, la journaliste Sabrina Champenois dénonce le «tam-tam médiatique, qui vire ces heures-ci au barouf».

«Hamza est un archétype. Dans d’autres temps, on aurait dit "chenapan", "garnement", "canaille" », écrit-elle et ajoute: «Sauf que dans la France de ces temps-ci, Hamza devient, pour certains, un symbole et, partant, un épouvantail. "La terreur du canal Saint-Martin qui déstabilise, à 14 ans, tout un Etat…", crisse, sur X, le média d’extrême droite Frontières.»
Libération, 30 juin 2026

N'occultant pas le côté borderline du jeune Hamza, la journaliste du quotidien de gauche appelle à le protéger contre lui-même et contre les effets qu'il suscite dans la société:

«Sachant qu’il pousse manifestement en roue libre, peu sensible à la notion de limite, de mise en danger de soi et des autres, ne l’encourageons pas à repousser encore le curseur»
Libération, 30 juin 2026

Ce 1er juillet dans Le Figaro, quotidien de droite, le journaliste Alexandre Devecchio, auteur de Nous vivions côte à côte (Fayard), un essai-témoignage sur ses années de «Petit Blanc» élevé en banlieue parisienne – ses origines sont italiennes et portugaises –, ne s’embarrasse de précautions oratoires à propos du jeune Hamza:

«C’est une tête à claques que certains internautes ne peuvent s’empêcher de trouver sympathique. Il est vrai que son physique grassouillet et son sens de la répartie prêtent à sourire. Dans un pays normal, où les adultes auraient encore le droit d’exercer leur autorité, Hamza F., 14 ans, alias "La Douane", serait rapidement remis sur le droit chemin. Mais, dans la France du XXIe siècle, faute de se voir indiquer une quelconque limite, il risque de finir en prison.»
Le Figaro, 1er juillet 2026

Le journaliste poursuit:

«Derrière le cas "La Douane", il y a donc une crise systémique de l’autorité»
Le Figaro, 1er juillet 2026

Cette affaire n’est manifestement pas une petite chose. L’extrême droite se nourrit de l’insécurité que ressentent les gens dans leur vie quotidienne. Le canal Saint-Martin est un lieu dit bobo, qui vote traditionnellement à gauche. Il y a sûrement de la marge avant qu’il ne bascule à l’extrême droite. Mais un «petit bulletin» à droite, ou au centre-droit, à la présidentielle de 2027, n’est pas un obstacle insurmontable.

Le Mexique chavire dans une folie totale
Video: watson
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