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Ukraine: l'élite russe prépare un plan pour la paix

Le chef du Kremlin, Vladimir Poutine, poursuit sa guerre contre l'Ukraine malgré des critiques de plus en plus vives.
Le chef du Kremlin, Vladimir Poutine, poursuit sa guerre contre l'Ukraine malgré des critiques de plus en plus vives.Image: Mikhail Metzel

L'élite russe prépare un «plan pour la paix» dans le dos de Poutine

Au Parlement russe, dans la population et dans les plus hautes sphères du pouvoir, le mécontentement à l'égard de la guerre en Ukraine ne cesse de croître. Tour d'horizon des derniers développements.
20.05.2026, 16:5820.05.2026, 16:58
Ivan Ruslyannikov / ch media

L'élite russe s'inquiète pour l'économie. Celle-ci ne pourra pas supporter une longue poursuite de la guerre en Ukraine, c'est pourquoi «une fin des combats aussi rapide que possible est nécessaire», a indiqué Renat Souleïmanov, député à la Douma (réd: la chambre basse de l'Assemblée fédérale de la fédération de Russie) du Parti communiste.

Habituellement, les parlementaires russes évitent de s'écarter de la ligne du Kremlin sur les questions relatives à la guerre en Ukraine. Une telle déclaration dans la bouche d'un député était jusqu'alors sans précédent. Renat Souleïmanov interroge:

«Officiellement, 40% du budget fédéral est consacré à la défense et à la sécurité. De quel développement, de quels investissements ou placements peut-on encore parler dans ces conditions?»

Ni les chars ni les obus n'ont de valeur de consommation. Le député déplore:

«Certes, ils assurent des emplois et des salaires dans l'industrie de l'armement et jouent un rôle de moteur de croissance. Mais ils engendrent simultanément de l'inflation et des coupes dans d'autres dépenses.»

Renat Souleïmanov sait cependant que les problèmes de la Russie ne disparaîtraient pas pour autant après la fin de la guerre. Il poursuit:

«Que deviendront les personnes employées dans l'industrie de l'armement? Et celles qui se trouvent actuellement au front?»

La prise de parole du député montre clairement que le Parlement russe réfléchit à l'après-guerre. Dans les cercles fidèles à Vladimir Poutine, des voix laissent entendre que le président russe ne s'occupe plus depuis longtemps de la politique intérieure ni de l'amélioration des conditions de vie dans le pays.

Des Russes de plus en plus inquiets

Les derniers sondages le montrent: pour la première fois depuis le début de la guerre, les attaques ukrainiennes préoccupent davantage les Russes que la situation au front. 18% des Russes s'inquiètent des attaques de drones ukrainiens sur le territoire russe, tandis que seuls 16% s'intéressent aux événements de la guerre en tant que tels.

Cette évolution marque une hausse significative. En 2023, les attaques de drones en provenance d'Ukraine ne préoccupaient que 8% de la population.

Dans ce contexte, ceux qui estimaient que les Russes ne changeraient d'attitude vis-à-vis de la guerre contre l'Ukraine qu'une fois le conflit arrivé à leur porte semblent avoir eu raison. Les attaques croissantes contre des régions éloignées de la frontière ukrainienne privent les Russes de ce que Vladimir Poutine leur avait avant tout promis: un sentiment de sécurité.

Parallèlement, Poutine craindrait pour sa sécurité, selon un récent rapport.
Parallèlement, Poutine craindrait pour sa sécurité, selon un récent rapport.Image: Imago

Cette évolution négative semble également être perçue au sein de l'administration présidentielle. Le média d'opposition russe Dossier Center a récemment publié la copie d'un document de l'administration présidentielle, portant la mention «réservé à un usage interne», qui contient un «plan pour une vie pacifique» après la guerre.

Il y est apparemment admis, non sans raison, qu'une guerre ayant coûté la vie à des centaines de milliers de citoyens russes pourrait être perçue négativement par la société russe si elle ne débouche sur aucun succès visible.

La cible jugée la plus problématique dans le document est la communauté surnommée «Z» (réd: ceux qui soutiennent ardemment l'invasion de l'Ukraine). Les blogueurs de guerre, qui comptent parfois plusieurs millions d'abonnés, devront être marginalisés et leur présence réduite. L'administration présidentielle prévoit également d'organiser des conférences sur l'avenir positif de la Russie après la «victoire» et de remplir l'espace médiatique de récits de réussite d'entreprises russes ayant su conquérir de nouveaux marchés grâce aux sanctions. Des plans existent par ailleurs pour assouplir partiellement la censure dans le cinéma et la littérature.

Mais le chemin est encore long, car le Kremlin s'accroche toujours à ses objectifs militaires: intégrer complétement au territoire russe les régions ukrainiennes de Donetsk et de Louhansk et stabliser les parties occupées des régions de Kherson et de Zaporijjia selon la ligne de front actuelle. Pas sûr, donc, que Poutine apprécie le «plan pour une vie pacifique» qui circule actuellement dans son dos.

L'annonce de la mort, dans une colonie pénitentiaire sibérienne, d'Alexeï Navalny en février 2024, avait créé des remous en Russie et à l'internationale.
L'annonce de la mort, dans une colonie pénitentiaire sibérienne, d'Alexeï Navalny en février 2024, avait créé des remous en Russie et à l'internationale.Image: Imago
Vladimir Poutine dans tous ses états
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Vladimir Poutine dans tous ses états
Poutine en mode chasseur, 2010.
source: ap ria novosti russian governmen / dmitry astakhov
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