L'extrême droite allemande refonde son organisation de jeunesse
Jean-Pascal Hohm (28 ans), député régional du Brandebourg - bastion de l'AfD dans l'est - a été désigné sans surprise pour diriger l'organisation de jeunesse. Il a récolté 90,4% des voix (si l'on exclut les abstentions).
A l'annonce de son élection – il était le seul candidat en lice -, les délégués se sont levés, l'ont applaudi et acclamé.
Arrivée deuxième aux législatives de février et depuis première force d'opposition du pays, l'AfD se met en ordre de bataille avant une série d'élections régionales en 2026 qu'elle espère remporter, en particulier dans ses bastions de l'est.
«Changement de cap»
«Nous nous battrons avec détermination pour un véritable changement de cap en matière de migration, afin que l'Allemagne reste le pays et la patrie des Allemands», a déclaré Hohm. Il avait rejoint l'AfD en 2014, un an après la création de ce très jeune parti qui s'est considérablement radicalisé au fil des ans.
«Patriotes allemands»
«Nous sommes des patriotes allemands», a lancé devant les délégués Hohm, alors que l'AfD est accusée d'espionnage au profit de la Russie et d'autres États autoritaires. «Personne dans cette salle n'est un serviteur de la Russie ou d'un autre pays», a-t-il assuré.
Dès potron-minet, des opposants ont manifesté un peu partout dans la ville de Giessen, près de Francfort. Certains ont lancé des fumigènes, d'autres ont brandi des drapeaux arc-en-ciel ou des banderoles avec des slogans comme «combattre le fascisme». Un important dispositif policier était déployé.
Un porte-parole de la police a annoncé le chiffre de 25 000 manifestants en cours de journée, alors que les organisateurs espéraient en rassembler 57 000.
Lors d'affrontements entre les forces de l'ordre et certains manifestants, «plusieurs policiers ont été légèrement blessés», a encore précisé le porte-parole.
Au début de l'année, l'AfD avait dû dissoudre sa précédente organisation de jeunesse, menacée d'interdiction pour son extrémisme.
On lui reprochait la promotion d'idées xénophobes et divers scandales, allant du chant raciste à l'organisation d'entraînements paramilitaires.
Lisser son image
La direction de l'AfD veut désormais une organisation de jeunesse nettement plus sous son contrôle mais toujours en lien avec les mouvances les plus radicales.
L'Allemagne, marquée par son passé nazi, a longtemps résisté à l'essor de l'extrême droite. Mais la crise migratoire de 2015, puis des attaques islamistes et des crimes commis par des étrangers ont alimenté la popularité de l'AfD dans les urnes. (ats/afp)
