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Elections au Pérou: Roberto Sanchez gagne du terrain

epa12890717 Peruvian presidential candidate Roberto Sanchez (2-L) of the Together for Peru party speaks during a press conference in Lima, Peru, 14 April 2026. Peru held general elections on 12 April  ...
Le candidat de gauche semble se profiler pour le second tour, mais les résultats restent serrés.Image: keystone

Un candidat de gauche perturbe le duel attendu au Pérou

Le leader du parti «Juntos por el Perú» prend une légère avance sur le candidat conservateur Rafael Lopez Aliaga et pourrait bien affronter Keiko Fujimori lors du second tour.
15.04.2026, 16:4415.04.2026, 16:44

Le candidat de gauche radicale à la présidentielle péruvienne, Roberto Sanchez, s'est hissé, mercredi, à la deuxième place des résultats partiels. Il pourrait affronter Keiko Fujimori au second tour.

Dans un pays qui a connu huit présidents en dix ans, le scrutin de dimanche, marqué par un record de 35 candidats, s'est déroulé dans un climat de forte défiance envers la classe politique, sur fond de flambée de la criminalité et de l'extorsion.

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Keiko Fujimori.Keystone

Avec plus de 90% des bulletins dépouillés, l'écart avec l'ultraconservateur Rafael Lopez Aliaga, longtemps en deuxième position, reste serré dans un décompte encore susceptible d'évoluer. Roberto Sanchez, 57 ans, gagnait du terrain depuis mardi.

Keiko Fujimori, 50 ans, fille de l'ancien président autocrate Alberto Fujimori, au pouvoir dans les années 1990, arrivait en tête avec près de 17% devant Roberto Sanchez (12%) et Rafael Lopez Aliaga (11,9%), longtemps en deuxième position.

Rafael Lopez Aliaga, presidential candidate of the Popular Renewal party, addresses supporters as electoral authorities continue to count the ballots two days after general elections in Lima, Peru, Tu ...
Rafael Lopez Aliaga.Keystone

Le dépouillement a d'abord été dominé par les résultats de la capitale Lima, dont Rafael Lopez Aliaga a été maire, tandis que le socle électoral de Roberto Sanchez se situe dans les zones rurales du sud andin. Dans un entretien à l'AFP mardi soir, il s'est montré confiant, appelant «toutes les forces démocratiques du Pérou, ainsi que la communauté internationale, à veiller au respect des résultats officiels».

Retards dans le matériel électoral

Marqué par des retards dans l'acheminement du matériel électoral, le scrutin a alimenté critiques et accusations dans un climat politique tendu.

Rafael Lopez Aliaga, un admirateur de Donald Trump surnommé Porky, a rassemblé mardi soir des centaines de partisans à Lima et donné «24 heures» aux autorités électorales pour annuler le scrutin, qu'il a dénoncé comme «une fraude».

La foule rassemblée devant les bâtiments de l'autorité électorale (JNE) scandait:

«Nous voulons de nouvelles élections!»

Ces dysfonctionnements logistiques ont empêché plus de 50 000 électeurs de voter, contraignant les autorités à prolonger le scrutin d'une journée.

«Désir de changement»

Reconnaissant des «graves dysfonctionnements», la cheffe de la mission d'observation de l'Union européenne, Annalisa Corrado, a déclaré mardi devant la presse n'avoir relevé «aucun élément objectif» étayant des accusations de fraude.

Le JNE a porté plainte contre plusieurs responsables de l'Office national des processus électoraux (ONPE) pour atteinte au droit de vote.

Roberto Sanchez, député et ancien ministre sous Pedro Castillo, a promis de faire libérer l'ancien président. Destitué en 2022 pour avoir tenté de dissoudre le Parlement, ce dernier a été condamné en 2025 à 11 ans de prison pour rébellion.

Le leader de «Juntos por el Perú» a assuré à l'AFP:

«Il sera libéré par notre gouvernement, conformément à la prérogative présidentielle qui permet d'accorder la grâce»

Roberto Sanchez affirme vouloir porter une «nouvelle Constitution» et instaurer un «Etat plurinational» afin de gouverner avec les peuples autochtones, à l'image de ce qu'a fait Evo Morales en Bolivie. Il voit un «immense désir de changement» chez les populations exclues.

Avec son chapeau de paysan porté pendant la campagne, il a cherché à associer son image à celle du syndicaliste et instituteur devenu président, aujourd'hui emprisonné

«Un vote rural, plus à gauche»

Selon le politologue Jorge Aragon, Roberto Sanchez serait un adversaire plus difficile pour Keiko Fujimori que Rafael Lopez Aliaga au deuxième tour:

«Il incarne un vote rural (...), plus contestataire, plus à gauche, davantage dans la revendication et l'inclusion»

Si cela se confirme, «d'une certaine manière, l'élection de 2021 se rejouerait» – la candidate de droite a alors échoué face à Pedro Castillo.

Des projections de l'institut Ipsos publiées lundi ont donné Roberto Sanchez en position d'accéder au second tour.

Plus de 27 millions d'électeurs ont été appelés à voter lors de ce scrutin obligatoire pour élire président et parlementaires, avec le retour d'un Parlement bicaméral inédit depuis 1990. Le prochain président doit être investi le 28 juillet. (ats/tam)

Le stade plongé dans le noir au Pérou juste après le coup de sifflet final
Video: twitter
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