Népal: un ex-ministre arrêté dans une affaire de corruption
La police népalaise a arrêté dimanche l'ancien ministre de l'Energie Deepak Khadka dans le cadre d'une enquête ouverte après la découverte d'argent liquide à son domicile, a annoncé le nouveau ministre de l'Intérieur.
Khadka «a été placé en garde à vue en lien avec l'enquête ouverte après la découverte d'argent à son domicile pendant les émeutes du 9 septembre», a écrit sur les réseaux sociaux Sudan Gurung, nommé vendredi.
Il n'a pas donné d'autres détails sur les investigations en cours.
Cette interpellation intervient au lendemain de celles de l'ex-Premier ministre KP Sharma Oli et de son ancien ministre de l'Intérieur Ramesh Lekhak pour leur rôle présumé dans la répression de l'insurrection meurtrière qui a fait tomber leur gouvernement en septembre 2025. MM. Oli et Lekhak devaient être présentés dimanche devant un juge de la capitale Katmandou.
Le nouveau Premier ministre issu des élections législatives du 5 mars, le rappeur devenu maire de Katmandou Balendra Shah, 35 ans, a été investi vendredi.
Au moins 76 morts lors des émeutes
Dans un rapport publié en intégralité dans la presse cette semaine, une commission d'enquête a recommandé des poursuites pénales contre Oli, son ministre de l'Intérieur et le chef de la police.
Au moins 76 personnes ont été tuées et plus de 2600 blessées lors de deux jours d'émeutes les 8 et 9 septembre 2025, selon le bilan retenu par la commission. Oli a toujours nié avoir donné l'ordre aux forces de l'ordre d'ouvrir le feu sur les manifestants.
Le 8 septembre, des milliers de jeunes réunis sous la bannière de la Génération Z étaient descendus dans les rues de Katmandou et de villes du pays pour dénoncer le blocage des réseaux sociaux et la corruption des élites. Au moins 20 manifestants ont été tués par balles dans la capitale, et des dizaines d'autres blessés.
Le 9 septembre, la foule en colère avait détruit, incendié ou pillé de nombreux bâtiments publics, dont le parlement, ainsi que les domiciles privés de dirigeants politiques, dont ceux de Oli et Khadka.
Le nouveau gouvernement a présenté samedi un ambitieux plan de réforme de la gouvernance du pays, qui inclut la création d'une commission d'enquête sur le patrimoine des élus et des fonctionnaires afin de «mettre un terme à la corruption (...) et à l'impunité». (dal/ats/afp)
