International
Réseaux sociaux

Elon Musk attendu pour l'enquête sur X à Paris

FILE - Elon Musk attends the Saudi Investment Forum at the Kennedy Center, Wednesday, Nov. 19, 2025, in Washington. (AP Photo/Evan Vucci, File)
Elon Musk avait vertement critiqué les magistrats français sur X.Image: AP

Musk est attendu par ses «attardés mentaux» à Paris

La justice française attend Elon Musk ce lundi pour son enquête sur X, sans se faire trop d'illusions sur sa présence dans la capitale. La procédure n'avait pas été du goût du milliardaire américain.
20.04.2026, 09:5720.04.2026, 09:57

Elon Musk, convoqué en audition libre à Paris dans le cadre d'une enquête sur les possibles dérives de son réseau social X, est attendu lundi par la justice française, qui entend poursuivre ses investigations que le magnat américain se présente ou pas. Aucune information n'a fuité sur le lieu et l'horaire de cette convocation d'Elon Musk, qui a dénoncé «une attaque politique».

Avec l'ancienne directrice générale de X, Linda Yaccarino, ils sont visés «en leur qualité de gérant de fait et de droit de la plateforme X au moment des faits», selon le parquet de Paris. Celui-ci est en pointe dans la lutte contre l'impunité des géants du web. Il a déjà ouvert des investigations autour des activités de la messagerie Telegram, de la plateforme de livestreaming Kick ou encore de l'application vidéos TikTok et du site de vente en ligne Shein.

Mais l'enquête sur X est la plus symbolique. Elle vise l'un des plus importants réseaux sociaux du monde, propriété d'Elon Musk, l'homme le plus riche de la planète, un temps proche de Donald Trump.

La procédure n'a pas laissé le multimilliardaire indifférent. Surtout depuis que les magistrats français ont diligenté mi-février une perquisition dans les locaux parisiens de X et l'ont convoqué. «Ce sont des attardés mentaux», a-t-il lancé, dans la langue de Molière, sur son réseau X mi-mars.

Deepfakes et pédopornographie

Ouverte en janvier 2025, l'enquête française, dont est saisie l'unité nationale cyber de la gendarmerie, «porte sur les éventuelles violations par la plateforme X de la législation française, à laquelle elle doit bien évidemment se conformer sur le territoire français», a rappelé le parquet de Paris. En cause notamment une possible complicité de diffusion d'images pédopornographiques et l'utilisation du modèle d'intelligence artificielle de X pour la création de «deepfakes», c'est-à-dire des montages ultraréalistes, à caractère sexuel, sans le consentement des victimes, a-t-il précisé.

Dans une publication, le réseau social avait dénoncé lors des perquisitions un «acte judiciaire abusif» reposant «sur des motivations politiques» et réfuté toute infraction. Il assurait qu'il ne se laisserait «pas intimider».

«Le parquet de Paris tente manifestement d'exercer une pression sur la direction générale de X aux Etats-Unis en visant son entité française»

Mise au point du parquet de Paris samedi: «conformément à la procédure pénale française, qui garantit à chaque mis en cause la possibilité de s'exprimer sur les faits dont il est soupçonné, les gérants et personnels de la société X font l'objet de convocations en audition libre», a-t-il rappelé.

Mais «leur présence ou leur absence n'est pas un obstacle à la poursuite des investigations», a-t-il poursuivi. «La conduite de cette enquête s'inscrit à ce stade dans une démarche constructive», avait indiqué auparavant la procureure de Paris, Laure Beccuau, «dans l'objectif de garantir in fine la conformité de la plateforme X aux lois françaises».

«Les autorités judiciaires d'autres pays ont également ouvert des enquêtes visant X», a rappelé samedi le parquet de Paris, qui précise avoir transmis certaines pièces de la procédure au ministère américain de la Justice, aux bureaux du procureur général de Californie et de celui du procureur de New York, «ainsi qu'à différents parquets européens».

A l'encontre de la Constitution américaine

Vendredi, le Wall Street Journal s'était fait l'écho d'une lettre adressée par le bureau des affaires internationales du ministère américain de la Justice mais le parquet de Paris a indiqué à l'AFP qu'il «n'a pas connaissance de ce courrier».

Dans cette missive, la justice fédérale prend position pour X, estimant notamment que l'enquête parisienne va à l'encontre du premier amendement de la Constitution américaine sur la liberté d'expression, selon le quotidien.

Pas de quoi infléchir l'enquête française: «il est nécessaire de rappeler que la Constitution française garantit la séparation des pouvoirs et l'indépendance de l'autorité judiciaire. Les enquêtes pénales sont diligentées sous la seule autorité des magistrats», rappelle le parquet de Paris. (jzs/afp)

Quand la fusée de Musk devient des feux d'artifices
Video: watson
Ceci pourrait également vous intéresser:
Avez-vous quelque chose à nous dire ?
Avez-vous une remarque ou avez-vous découvert une erreur ? Vous pouvez nous transmettre votre message via le formulaire.
3 Commentaires
Votre commentaire
YouTube Link
0 / 600
3
Le travail d'équipe est essentiel, la preuve en 9 moments d'histoire
De la lutte contre la faim à la conquête spatiale, l’histoire regorge d’exploits rendus possibles par la coopération. Voici neuf exemples où le travail collectif a permis de grandes choses.
Parfois, les humains se font concurrence. Mais parfois aussi, ils coopèrent. Le travail d’équipe a permis d’accomplir de grandes choses, et ces neuf exemples à travers les âges le prouvent.
L’article