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Réseaux sociaux

L'interdiction des réseaux sociaux divise en France

La proposition de loi de la députée Laure Miller, qui a pour but l'interdiction des réseaux sociaux aux moins de 15 ans, a été adoptée par l'Assemblée nationale ce lundi.
La proposition de loi de la députée Laure Miller, qui a pour but l'interdiction des réseaux sociaux aux moins de 15 ans, a été adoptée par l'Assemblée nationale ce lundi.Image: LUDOVIC MARIN / AFP

«Même WhatsApp?» L'interdiction des réseaux sociaux divise en France

Entre soutien prudent des parents et incompréhension partielle des adolescents, l’idée d’interdire les réseaux sociaux aux moins de 15 ans divise en France.
27.01.2026, 18:0727.01.2026, 18:07

«C'est super, mais…»: parents et adolescents en France sont partagés mardi entre satisfecit prudent pour les premiers et réserves teintées d'incompréhension pour les seconds face à la perspective d'une interdiction des réseaux sociaux aux moins de 15 ans, une première en Europe.

Si le texte est adopté définitivement, la France deviendra le deuxième pays à se doter d'une législation aussi restrictive pour les mineurs, après l'Australie début décembre.

Une timide approbation

Pour Esther, 15 ans, élève en classe de Première à Paris, cette mesure, qui pourrait entrer en vigueur dès la rentrée 2026, est «super», sur le papier. «Mais»:

«C'est l'âge où on rentre au lycée et où il faut se focaliser sur autre chose que les réseaux, donc il vaudrait mieux les interdire aux moins de 14 ans.»

Il faudrait également, selon elle, faire un tri parmi les réseaux sociaux et bannir ceux qui conduisent à la pratique du «scroll, parce que c'est ça qui ruine le cerveau, mais pas les autres», car ils sont «essentiel pour la sociabilité».

Un avis partagé par Aya, 11 ans, en 6e à Paris, selon qui les réseaux rendent «fous» certains, au point qu'«ils n'arrivent plus à rien faire d'autre». Il enchaîne:

«Il y a des choses dégueulasses sur TikTok, ce n'est pas approprié pour les enfants»
«Et en même temps, c'est important si on a une urgence. Moi, je parle sur WhatsApp avec mes parents, ils ne vont pas interdire WhatsApp, quand même?»

«Ça ne suffira pas»

A Marseille, une lycéenne de 16 ans est catégorique:

«J'ai supprimé TikTok parce que ça prenait trop mon temps, je n'arrivais pas à faire mes devoirs, j'avais tout le temps la tête ailleurs (…). Franchement, moi, je trouve que c'est une très bonne idée.»

Au-delà de l'interdiction, sur laquelle certains émettent des doutes quant à sa faisabilité technique, de nombreux parents insistent sur l'importance du volet prévention.

L'interdiction «est un début, mais ça ne suffira pas», déclare Emmanuelle Poudréas, dont le fils de 15 ans, cyberharcelé sur WhatsApp, s'est suicidé en septembre 2024.

Il faut une «mobilisation de l'ensemble des services de l'Etat pour préparer nos jeunes à être des citoyens du numérique», martèle-t-elle.

Récemment, plusieurs cas de harcèlement scolaire ont conduit à des drames en France.
Récemment, plusieurs cas de harcèlement scolaire ont conduit à des drames en France.Image: THOMAS SAMSON / AFP

Même prudence et interrogations dans les rangs des parents d'élèves et de l'enseignement public (Peep). Leur président, Emmanuel Garot, explique:

«L'interdiction peut envoyer un message clair et provoquer une prise de conscience, mais il ne faut pas se leurrer, les jeunes sont inventifs, ils vont trouver des solutions assez rapidement pour contourner l'interdiction, via un système de Virtual Private Network (VPN) ou des réseaux sociaux refuge qu'on connaît mal.»

Yliès, collégien à Paris, a déjà prévu la parade. Actif sur Snapchat et TikTok, il ne décolère pas contre la perspective d'une interdiction et prévient:

«Je vais refaire un compte et je vais dire que je suis de 2004. S'ils demandent une carte d'identité, je vais prendre celle de mon frère ou d'un de ses potes»
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