«Même WhatsApp?» L'interdiction des réseaux sociaux divise en France
«C'est super, mais…»: parents et adolescents en France sont partagés mardi entre satisfecit prudent pour les premiers et réserves teintées d'incompréhension pour les seconds face à la perspective d'une interdiction des réseaux sociaux aux moins de 15 ans, une première en Europe.
Si le texte est adopté définitivement, la France deviendra le deuxième pays à se doter d'une législation aussi restrictive pour les mineurs, après l'Australie début décembre.
Une timide approbation
Pour Esther, 15 ans, élève en classe de Première à Paris, cette mesure, qui pourrait entrer en vigueur dès la rentrée 2026, est «super», sur le papier. «Mais»:
Il faudrait également, selon elle, faire un tri parmi les réseaux sociaux et bannir ceux qui conduisent à la pratique du «scroll, parce que c'est ça qui ruine le cerveau, mais pas les autres», car ils sont «essentiel pour la sociabilité».
Un avis partagé par Aya, 11 ans, en 6e à Paris, selon qui les réseaux rendent «fous» certains, au point qu'«ils n'arrivent plus à rien faire d'autre». Il enchaîne:
«Ça ne suffira pas»
A Marseille, une lycéenne de 16 ans est catégorique:
Au-delà de l'interdiction, sur laquelle certains émettent des doutes quant à sa faisabilité technique, de nombreux parents insistent sur l'importance du volet prévention.
L'interdiction «est un début, mais ça ne suffira pas», déclare Emmanuelle Poudréas, dont le fils de 15 ans, cyberharcelé sur WhatsApp, s'est suicidé en septembre 2024.
Il faut une «mobilisation de l'ensemble des services de l'Etat pour préparer nos jeunes à être des citoyens du numérique», martèle-t-elle.
Même prudence et interrogations dans les rangs des parents d'élèves et de l'enseignement public (Peep). Leur président, Emmanuel Garot, explique:
Yliès, collégien à Paris, a déjà prévu la parade. Actif sur Snapchat et TikTok, il ne décolère pas contre la perspective d'une interdiction et prévient:
