Macron a un plan B pour interdire les réseaux sociaux aux ados
Un mois après la censure du Conseil constitutionnel, le président français Emmanuel Macron espère avoir trouvé une «voie de passage» pour faire adopter, avant son départ au printemps, l'interdiction des réseaux sociaux aux moins de 15 ans. Une nouvelle version du texte est soumise lundi à Bruxelles.
«Nous irons au bout», a martelé lundi le chef de l'Etat dans un message matinal sur X et Instagram, certaines des plateformes dont il dit vouloir «protéger» les enfants et les jeunes adolescents.
Il rappelle avoir demandé dès mi-août, après la censure, au gouvernement de Sébastien Lecornu de «trouver une voie de passage» conforme à la fois aux observations du Conseil constitutionnel et aux prescriptions du droit européen. «C'est chose faite», a-t-il estimé:
Le président de la République, qui en a fait un cheval de bataille majeur de la fin de son second mandat, espère qu'une interdiction sera opérationnelle en France lorsqu'il quittera l'Elysée en mai.
Il doit donc avancer à marche forcée, dans un calendrier gouvernemental et parlementaire qui sera phagocyté par les débats budgétaires. Cette notification à Bruxelles est une étape cruciale pour s'assurer que le futur texte sera conforme au droit européen et pouvoir donc passer à la phase législative.
Atteinte disproportionnée à la liberté d'expression
Paris demande que l'analyse européenne pour valider sa nouvelle mouture ne parte pas de zéro, comme s'il s'agissait d'une feuille blanche, mais soit plutôt une actualisation de l'expertise déjà entreprise sur la version initiale.
Le Conseil constitutionnel a considéré que le texte adopté par le Parlement français portait «une atteinte disproportionnée» à la liberté d'expression et de communication des adolescents. Il a toutefois reconnu «l'exigence constitutionnelle de protection de l'intérêt supérieur de l'enfant».
Il a jugé la loi trop «générale», sans possibilité pour les parents «d'autoriser l'accès» dans certains cas. Selon une source au sein de l'exécutif confirmant une information du Figaro, pour passer entre les écueils constitutionnel et européen, le gouvernement propose de lister une dizaine de «fonctionnalités» nocives et/ou «addictives» pour les plus jeunes, comme le déclenchement automatique des vidéos, les flux de notifications la nuit ou la communication avec des comptes inconnus.
Cela permettrait de mieux cibler les réseaux sociaux concernés par l'interdiction, sans cependant les nommer, ce qui ne serait pas autorisé par les règles européennes, espère-t-on de même source. (ats)
